Que vaut “In The Tall Grass” de Vincenzo Natali sur Netflix?

Le rĂ©alisateur de Cube adapte une nouvelle Ă©crite conjointement par Stephen King et son fils Joe Hill. Le tout se retrouve sur Netflix et, spoiler, c’est nul.

Netflix ouvre le bal de ses exclusivitĂ©s horrifiques afin de fĂŞter comme il se doit le mois d’Halloween avec In the tall grass par Vincenzo Natali, rĂ©alisateur du one-trick-pony Cube en 1999 et qui, Ă  l’exception du fascinant Splice, n’a jamais rĂ©ellement confirmĂ© toutes les promesses placĂ©es en lui par la suite. Ce n’est pas avec cette adaptation d’une nouvelle Ă©crite par Stephen King et son fiston Joe Hill qu’il va redresser la barre. L’histoire est sommaire comme on les aime sur Netflix: nous suivons Becky et son frère Cal qui se sont aventurĂ©s dans un champ de maĂŻs car un mioche paumĂ© dedans crie au secours. Fort malheureusement pour le duo de bons samaritains, ils vont eux-aussi se retrouver piĂ©gĂ©s Ă  l’intĂ©rieur de ce labyrinthe d’herbes hautes.

On redoutait le pire depuis l’annonce du projet, vu la gageure ardue que constitue l’adaptation sur écran des écrits du duo King-Hill. Mais on avait quand même envie de croire à celle-ci, démontrant par a+b que désormais le nom de Stephen King est devenu une marque autant littéraire que cinématographique et que, par conséquent, et a fortiori pour la génération Netflix, tout ce que le monsieur pense, conçoit, imagine, écrit, fantasme doit faire l’objet d’une adaptation à l’écran (pas moins de cinq adaptations en 2019!). Malheureusement, comme les récents Ça chapitre 2 et autre The Mist (la série) nous l’ont rappelé, certaines choses sont faites pour être lues et d’autres pour être vues.

Vincenzo Natali a beau ĂŞtre un bon faiseur d’images, il n’en reste pas moins que sa transposition cinĂ©matographique n’arrive jamais Ă  raviver la sensation de malaise provoquĂ©e par la lecture de la nouvelle originelle. La faute, pour commencer, Ă  une exposition ultra-sommaire des personnages afin de rentrer rapido dans le vif du sujet. Why not, mais encore faut-il tenir la route pour capter l’attention du spectateur qui, n’ayant pu s’attacher aux personnages, espère que la tension va remplacer l’émotion. Sauf que pas de chance non plus de ce cĂ´tĂ©-lĂ , on a droit Ă  un rĂ©cit d’un ennui mortel Ă  la progression très laborieuse ponctuĂ©e d’agaçants flash-backs et de scènes horrifiques bien peu inspirĂ©es qui adoreraient ressembler à Shining meets Un jour sans fin. Le final se paye mĂŞme le luxe d’atteindre des sommets de mauvais gout en matière d’effets spĂ©ciaux cheap. Ni beau, ni fou, ni angoissant, ni trĂ©pidant, ni rien, c’est de la ringardise beurk. Face Ă  la vacuitĂ© d’une telle entreprise, on passe notre tour.

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