Parmi les surprises contenues dans le second épisode spécial de la série Euphoria signé Sam Levinson, visible depuis ce week-end sur OCS, il y a cette citation de la bande-originale signée Zbignew Preisner pour La double vie de Véronique, ce film magique de Krzysztof Kieslowski (1991). La raison de cet emprunt ostensible est simple: c’est une manière pour son auteur de nous dire qu’il appartient à ce monde-là, celui décrit par Kieslowski, et qu’il partage la même mélancolie, la même vision des choses, que celles et ceux qui adorent ce film au-delà du raisonnable. Bienvenue au club.

Tiens, on (re)connait cette musique foudroyante, mélancolique à mort, que l’on entend dans F*ck Anyone Who’s Not A Sea Blob (soit J’emmerde tout le monde sauf les blobs marins), le second épisode spécial de la série Euphoria! D’autant qu’elle est déclinée à plusieurs reprises, y compris sur le générique de fin! Bon sang mais c’est bien sûr: c’est la bande-son signée Zbigniew Preisner de La double vie de Véronique, ce film magique réalisé en 1991 par Krzysztof Kieslowski et dans lequel irradiait dans un double-rôle Irène Jacob. Soit, souvenez-vous, cette histoire de deux jeunes femmes, l’une française, l’autre polonaise qui n’avaient rien en commun et qui étaient pourtant identiques: gauchères, dotées de la même voix magnifique facilement repérable et de la même malformation cardiaque difficilement décelable. Et la musique de raconter à sa manière chez Kieslowski les beaux mystères de l’existence, ceux qui échappent ou encore ces sentiments étranges sur lesquels il est impossible de mettre le moindre mot, juste une musique vague à l’âme.

Inutile de crier au scandale ou encore de chercher midi à quatorze heures: la référence, au-delà de traduire les émotions de Jules (géniale Hunter Schafer), est trop appuyée pour être une simple coincidence. C’est juste une manière de dire pour son auteur, Sam Levinson, au-delà des scènes, à ceux qui connaissent cette musique, qui la reconnaissent et qui savent ce qu’elle véhicule dans La double vie de Véronique, qu’il appartient lui aussi au club des toqué(e)s de Véro. A bien regarder, rien d’étonnant: ce film-là peut fendre une âme en deux, il touche celles et ceux qui partagent la même sensibilité et qui ont la même façon de voir le monde. C’est une manière de dire: ok, je pense, je ressens, je vois comme vous qui aimez ça, qui connaissez ça. Et ce lien-là est plus que cinéphile, il est indicible, existentiel.

Ainsi, entre cette citation ouverte dans le second épisode spécial de Euphoria et, plus tôt, la présence de Irène Jacob dans la saison 2 de The OA (“actrice dans une autre vie” que son personnage mystérieux disait), il y a comme un lien évident, magique, secret unissant les fans de Véronique au gré des créations et des saisons (puisque nous parlons de série). Comme un passage de relais permettant de voyager dans le temps et de garder en soi le souvenir précieux de ce chef-d’oeuvre absolu.

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