“Prisoners of the ghostland”: une rencontre Sono Sion-Nicolas Cage qui fait pschitt

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Un criminel notoire est envoyé au secours d’une fille kidnappée ayant disparue dans un univers surnaturel. Au sein de ce territoire qu’on appelle le Ghostland, ils vont essayer de briser la malédiction qui les garde captifs de mystérieux revenants. C’est LE film de la rencontre entre la superstar Nicolas Cage et une autre superstar, Sono Sion. C’est hélas la montagne qui accouche d’une souris.

Telle l’allumette à la rencontre de sa flaque d’essence, on attendait beaucoup de l’alliance Sion Sion/Nicolas Cage (un real fou, un acteur fou: what else?), attendue depuis (un peu trop) longtemps. Calibré comme l’expérience hors-Japon de son auteur, Prisoners of the Ghostland a hélas fait rester Sono Sion sur ses terres en raison de problème de santé; ce qui, bien évidemment, n’a pas arrêté la star américaine, également entourée de Sofia Boutella, Bill Mosley, Nick Cassavetes et, même du poulain de Sion, Constant Voisin, auteur de Sono Sion et l’exercice du chaos (2019), qui fait coucou le temps de quelques frenchy plans! Imaginez donc un monde post-nuke à la croisée du chambara, du western, de Mad Max 3 et des films bricolés de Ulrik Ottinger, et vous aurez un bel aperçu de l’univers loufoque mitonné par le réalisateur de Love Exposure, qui nous prend par la main sans jamais nous lâcher… du moins pendant une petite demi-heure.

Durant toute cette mise en place, on y retrouve le souffle, la folie communicative et le goût du bordel braisé à point cher au réalisateur, avec ce décorum (tic)toc où les nationalités se croisent et se décroisent autour d’une parodie d’industriel texan (symbole du méchant impérialisme ricain? Allez savoir!) et d’un ancien malfrat affublé d’une combinaison explosive le temps d’une mission façon Snake Plissken. Ça se contorsionne dans tous les sens et Sion se moque de l’envergure toute somme théâtrale de son humanité de fin du monde (deux/trois décors et basta), lui qui sait si bien faire du cheap une arme. Sauf que voilà, il ne se passe en réalité pas grand-chose ici. Et si Cage plutôt bien dans le moule Sionesque (le «testicuuuuuuuuuuuuuuuule», déjà cuculte), on se surprend à ne pas retrouver la rage habituelle du bonhomme. Violence light, idées jetées en l’air mais jamais rattrapées (les fantômes nucléaires qui font coucou) et action très convenue parachèvent une seconde partie sans grande surprise, à deux doigts du renoncement. Le film semble, à la lecture de certains commentaires glanés ci et là, hélas avoir déjà été remonté, sans qu’on sache ni trop pour qui, ni pourquoi. Curieusement, Sono Sion semble assez satisfait dans toute cette histoire. Nous, clairement pas… J.M.

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