La rubrique PHOTOMATON met en lumière celles et ceux qui font le cinéma. Notre invité: SIMON RIETH qui, remarqué avec ses courts (Feu mes frères, Saint Jean, Sans amour), s’apprête à passer au long avec Nos cérémonies, un teen movie fantastique (tournage en mai).

Quel est votre profession?
J’étais pion dans un lycée pendant trois ans, je viens de démissionner. Du coup, maintenant, je peux dire que je suis réalisateur.

Quel est votre parcours?
J’ai grandi à Montpellier, je suis allé à Paris après mon BAC pour faire une classe prépa littéraire avec option cinéma, ensuite je suis allé à la fac où j’ai fait un master pro de cinéma, mais j’ai toujours fait des films parallèlement à mes études.

Sur quoi travaillez vous actuellement?
Je suis en pleine préparation de mon premier long métrage, ça s’appelle Nos Cérémonies, c’est l’histoire d’un amour fraternel très fort. On commence à tourner au mois de mai à Royan.

Quel est le film/ou le cinéaste qui vous a donné envie de faire ce métier?
J’ai toujours eu envie de faire des films, j’ai pas de souvenirs d’avoir eu envie de faire autre chose de ma vie. J’ai commencé en filmant ma famille, mon frère, mes amis et en faisant des films en Legos ou en pâte à modeler en stop motion dans ma chambre puis je ne me suis jamais arrêté. Adolescent, j’ai été bercé par les films de Larry Clark, Gus Van Sant et Gregg Araki, ils ne m’ont pas donné envie de faire du cinéma concrètement mais c’est devenu mes cinéastes de cœur. Quand j’étais en CP, mon père nous a montré à mon frère et à moi Alien et Mad Max, je me souviens très bien de l’émotion très forte que j’ai ressentie, il nous cachait les yeux pendant les scènes violentes mais on voyait quand même à travers ses doigts. La même année, il nous a aussi montré Pierrot le fou, j’ai rien compris et j’ai trouvé ça assez chiant mais j’ai été traumatisé de voir un héros mourir au cinéma, c’était la première fois, je savais pas que c’était possible, ça s’est reproduit juste après avec Gladiator.

Quel est votre meilleur souvenir professionnel?
La première projection de mon film Feu mes frères. C’est un moyen métrage qui a été totalement auto produit. J’ai deux très bons amis Laura Chebar et Simon Paillas qui ont monté une association pour qu’on puisse financer le film avec l’argent des universités et du CROUS. On a aussi fait un crowdfunding. On a travaillé à la fabrication de ce film avec que des proches, on n’y connaissait rien, on avait même pas vingt ans mais on avait un désir tellement fort. C’était mon premier film de fiction, il dure 45 minutes, il a été tourné dans tous les paysages que j’aime là où j’ai grandi autour de Montpellier. J’ai écrit le film pour mon frère Hugo qui est le personnage principal et Laura la productrice joue dedans avec lui. On a organisé une projection au Majestic Bastille, il y avait tous nos amis, toutes nos familles, tous les gens qui nous avaient aidé dans la salle. On s’est assis au fond avec Laura et on a regardé le film, c’était très émouvant.

Citez moi quelqu’un de bien dans ce métier si cruel?
Inès Daïen Dasi, ma productrice. On s’est rencontrés au festival Côté court de Pantin, elle est venue me parler après la projection de mon film Feu mes frères. Depuis on a pas arrêté de travailler ensemble. C’est elle qui produit mon long métrage avec Les Films du Poisson.

Ce que vous avez fait de plus chaos depuis que vous faites ce métier?
J’ai tourné un court métrage, Sans Amour, qui se déroule intégralement dans un champ d’éoliennes. Alors qu’on était en train de tourner une scène, une éolienne a pris feu devant nous. On a arrêté la scène et on a commencé à filmer l’incendie, les pales se sont effondrées devant nous, j’ai fait marcher les comédiens vers l’éolienne en feu, c’est le dernier plan du film.

A quel film ressemble le monde d’aujourd’hui?
Traîné sur le bitume.

A quel film ressemblera le monde de demain?
Toy Story 3.

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