La rubrique PHOTOMATON met en lumière ceux qui font le cinéma. Douzième invité: MANUEL ATTALI

Quelle est votre profession?
Distributeur de films, éditeur vidéo, producteur en devenir (mes premier pas avec Patrick Wang).

Quel est votre parcours?
C’est le hasard… J’ai fait des études de cinéma en fac, puis école de comédien, des postes de régisseur cinéma sur des courts métrages. J’adore être sur les tournages, puis je rencontre Fabrice Leroy dans une boite de production. Nos goûts musicaux nous rapprochent et quelques années plus tard, nous montons ED. Fabrice sait qu’il veut faire ça, moi je n’y connais rien. Nous sommes en avril 1995.

Sur quoi travaillez-vous actuellement?
Nous abordons la semaine de sortie du film de Bill Plympton et Jim Lujan, La Vengeresse. C’est notre huitième collaboration avec Bill. Puis nous passerons à Upstream Color de Shane Carruth, dont c’est le second film après Primer (2007), Grand Prix Sundance 2004. C’est un projet de longue date. Upstream Color date de 2013, il est passé au Forum à Berlin, à Sundance, mais nous avons eu du mal à mettre en place la sortie en terme de salle parisienne. Le film est à cheval sur deux publics et compliqué à “présenter au public“. Nous allons aussi ressortir cet été en salle le film Rembrandt Fecit 1669 de Jos Stelling (L’Aiguilleur – L’Illusionniste). Nous l’avions déjà sorti de film en 2006, mais sa force demeure intacte.

Quel est le film et/ou le cinéaste qui vous a donné envie de faire ce métier?
Au début des années 90, plusieurs films m’ont énormément touché et j’ai fini par remarquer le même logo au début des films. Il s’agissait, entre autres, de Trust me de Hal Hartley, Ruby in Paradise de Victor Nunez et Manneken Piss de Frank Van Passel.

Quel est votre meilleur souvenir professionnel?
Notre premier Festival de Toronto en 1997. C’était encore un petit festival se déroulant dans plein de petites salles de la ville. Nous nous déplacions en vélo de l’une à l’autre, c’était bon enfant. Nous habitions chez Greg Klimkyw, le producteur de Guy Maddin. Guy était là aussi, nous avons rencontré certains acteurs de Careful et Archangel, on vivait un rêve de cinéma. Le festival durait dix jours, on est resté plus de 15 jours.

Quel est votre pire souvenir professionnel?
Un jour, très énervé, j’ai écrit au crayon sur le mur de la cour devant notre bureau «A mort ED!». Ça m’a poursuivi pendant des années, le mur me regardait. Depuis, on a déménagé et le mur a été repeint.

Citez-moi quelqu’un de bien/pro/formidable dans ce métier si cruel?
Luce Vigo. Nous avons pu la rencontrer grâce à Guy Maddin avec qui elle travaillait sur le projet Séances. Elle lui avait offert un scénario de court métrage non tourné de son père pour le projet. Une femme d’une extrême douceur et gentillesse. Une grande dame.

Ce que vous avez fait de plus chaos depuis que vous faites ce métier?
Au moment de la projection / spectacle du film Des Trous dans la tête de Guy Maddin au Théâtre de l’Odéon pendant le Festival d’automne 2009. J’ai été cherché Isabella Rossellini à l’aéroport dans ma voiture personnelle. On se connaissait déjà mais bon, grosse pression… Je n’ai jamais conduit aussi prudemment.

A quel film ressemblera le monde de demain?
Peut-être à Her de Spike Jonze, si les gens continuent à autant vivre au travers des réseaux sociaux, des applis de rencontres, de leurs écrans…..

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