La rubrique PHOTOMATON met en lumière celles et ceux qui font le cinéma. Notre invitée: Alba Gaïa Bellugi, ange exterminateur dans Inexorable de Fabrice du Welz, présenté à L’Etrange Festival.

Quel est votre parcours?
J’ai débuté dans une pièce de théâtre, puis j’ai enchainé avec le cinéma et la série télé (NDLR: Alba Gaïa Bellugi a commencé à jouer dans des films assez jeune, en 2005, avec François Ozon. Elle a travaillé, entre autres, avec Eric Toledano et Olivier Nakache, Claude Miller, Alain Resnais et, aujourd’hui, avec Fabrice du Welz). Pour travailler mon rôle dans Inexorable, Fabrice m’a donné pas mal de longs métrages à regarder. Celui qui m’a vraiment marqué, c’est Voici le temps des assassins, un film noir de Julien Duvivier. Je l’ai trouvé très beau. Il y avait d’autres films des années 50-60, aussi, dont je n’ai plus les titres en tête. Avec Inexorable, il a vraiment voulu faire un hommage à des films des années-là, je pense.

Des films italiens aussi, des années 60, 70? Du genre giallo?
Oui! Tout à fait. Ça faisait partie du lot. Et d’ailleurs, pour jouer cette figure fantomatique dans Inexorable, je me suis inspiré un peu de ces films. Comment traiter la folie? C’était une question importante à creuser pour comprendre la vérité de mon personnage. J’ai cherché à comprendre la logique derrière tout ça, tout ce qu’il l’a poussé à aller si loin.

Quel est le film et/ou le cinéaste qui vous a donné envie de faire ce métier?
C’est une bonne question. Je suis une grande fan des actrices Anna Magnani et Jeanne Moreau. Ce sont leurs films qui m’ont vraiment fasciné, au fil des années. Pas un film en particulier. Juste un mélange. Une combinaison.

Quel est votre meilleur souvenir professionnel?
J’en ai plusieurs. Se retrouver avec un groupe de personnes qu’on n’a pas choisi, cela peut déboucher sur quelque chose de magique, ou non. Là, en l’occurrence, c’était vraiment cool. Je vais en garder un très bon souvenir. Les scènes tournées près du lac, par exemple, j’ai beaucoup apprécié l’ambiance.

Citez-moi quelqu’un de bien/pro/formidable dans ce métier si cruel?
Je dirais Galatéa Bellugi, ma petite sœur, qui est comédienne. Je la trouve vraiment incroyable. On n’a pas encore eu l’occasion de tourner ensemble. J’aimerais bien que cela puisse se faire, un jour.

Ce que vous avez fait/vécu de plus chaos depuis que vous faites ce métier?
Une nuit, pendant qu’on tournait Inexorable, une batterie (je pense que c’était une batterie) a pris feu! Il devait être 3 heures du matin. Heureusement, des gens s’en sont rendu compte suffisamment tôt pour éviter le désastre. Cela aurait pu tout détruire! C’était trois jours avant de finir le tournage, en plus. Un peu comme si la réalité rejoignait la fiction. Heureusement, tout s’est bien passé et il n’y a pas eu de blessés.

À quel film ressemble le monde d’aujourd’hui?
Un film apocalyptique, bien évidemment! Mais lequel? Ce qui se passe va tellement au-delà de la fiction que même les films les plus fous ont encore du mal à être au niveau. Je ne saurai pas en désigner un, en particulier. Il apparaît difficile de mettre tout ce qui se passe actuellement dans un film.

À quel film ressemblera le monde de demain?
Un joli film, j’espère! Un dessin animé, par exemple. Winnie l’ourson! On se baladera tous à poil, ou avec juste un tee-shirt – ça serait bien!

Propos recueillis par Sina Regnault, à L’étrange Festival qui se déroule jusqu’au 19 septembre au Forum des images. Inexorable est diffusé le 16 septembre à 18h45.

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