Été 1997 : impossible, on a bien dit impossible, d’y échapper.

PAR JEREMIE MARCHETTI

Si senoooooooooooooooor, una tentacioooooooooooon
YEAH YEAH YEAH
La diva aux cheveux multicolores, la méduse en plastique, la tata yoyo des années 90 dévore les hits-parades européens. Les radios crachouillent jusqu’à l’épuisement Bailando, ce tube dopé et dopant dont on ne sait distinguer quel est le titre ou le nom du groupe. Il y a vingt ans, Paradisio bouffait toute notre énergie et on aime encore à le ressortir comme un emblème insouciant et hyper sucré des nineties. Bailando est même au delà de ça : c’est une infusion de souvenirs et d’images, quasi-collective. C’est votre grande sœur quand elle mettait trop de Monoï. C’est foncer en voiture pour aller à la plage alors qu’il y a bien deux personnes de trop sur la banquette arrière. C’est la discothèque de province à fond les ballons (et qui agonise le reste de l’année). C’est le cocktail ACE et le Magnum à la paillote du coin. C’est la fête du village qui bat son plein. Cagole forever. Bref, Bailando c’est l’été. L’été con, l’été beau, l’été beauf, l’été paillette, l’été bitch. De la grenadine, un Mojito, un Sex on the Beach.

Les images du clip sont largement à la hauteur : des splits-screens tous pétés en 16 mm façon pleins phares sur Miami beach/bitch, un vrai catalogue de looks, des virées en bateau, keupines forever sur la promenade, séquence essayage et stretching à l’air libre. Festival des sens, œil qui pique, toutes les couleurs du spectre sont niquées : eau verte émeraude sur perruque rose et veste violette, ciel bleu comme toi, décapotable rouge cerise, pantalon orange fluo ou vinyle framboise. On danse avec sa granita alcoolisée parce que YOLO. On s’en fout parce que c’est l’été. Et tout cela se finit comme une simple journée : sur un coucher de soleil qui repose la rétine bien tabassée. L’insouciance des 90’s et le queer bordel à son niveau le plus élevé, comme un chant du cygne de l’Eurodance qui voyait déjà des spasmes de fin de vie le picoter. Un peu triste Bailando ? Pourquoi pas.

Derrière la perruque, la très joviale et inoubliable María Isabel García Asensio aka Marisa, qui avait déjà tenté une carrière solo avec les totalement oubliés Bonito ou Love & Melody, croisement improbable entre une Vanessa Paradis accidentelle et les balbutiements de l’Eurodance. Elle rejoint donc le collectif belge Paradisio quelques années plus tard : premier essai, premier échec avec Un clima ideal, qui aura droit à son remake après le succès monstre de Paradisio sous le nom de Vamos à la discoteca, où Marisa revient parader dans le désert avec un parapluie (so ulesses, donc so chaos). Tous les titres qui suivront Bailando reprendront la même rythmique et les mêmes ingrédients : Bandolero, Vamos à la discoteca donc ou encore Paseo. Seul Dime Como s’écartera du lot en tentant un combo (dangereux) façon délire western et guitares à la Gypsy King. C’est forcément moins bien, mais on boude pas non plus son plaisir.

En 98, une certaine Loona reprend (déjà !) Bailando et se tape un carton en Allemagne. On cite la vilaine par charité, mais on oublie quand même de sitôt. Le plus dur sera finalement l’éjection de sweet Marisa. Car Paradisio continuera son bout de chemin avec d’autres chanteuses comme Sandra Degrorio ou actuellement Shelby Diaz (car oui Paradisio est encore en vie !). Quand ils ne reprennent pas les tubes déjà cités, ils produisent aussi des horreurs tel que Samba del Diablo ou La Propaganda. L’âme de Paradisio est donc partie avec les 90’s et Marisa, qui tentera elle-même de faire du sous Paradisio début 2000 avec des titres hilarious comme Cupa de Champana ou Chocolate Cafe (!!!) qui valent bien plus le détour que l’après Bailando de Paradisio. Sérieux s’abstenir.
TU Y YO A LA FIESTA !

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