[ON NE PEUT PLUS RIEN DIRE] – Semaine Pascal Praud 07/09/19

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Chaque semaine, retrouvez notre rubrique On ne peut plus rien dire 🦊. On espère que vous prendrez autant de plaisir à la lire que nous avons à la faire.

GUERRE DES ÉTOILES
☆ Pas chaos ★ Pas très chaos ★★ Un peu chaos ★★★ Assez chaos ★★★★ Très chaos Palme
👉 Tableau à télécharger

Valérie Romain Le Vern Jérémie Marchetti Théo Michel Alexis Roux Gautier Roos
L’étrange Festival    ★★★ ★★★★ ★★★★   
Michel Sardou qui déteste le nouveau siècle ★★★ ★★★ ★    ★★★★
Ecouter de l’italo disco        ★★★★    ★★★
Tiens, trois Brisseau dispos en DVD! ★★★★ ★★★★ ★★★★ ★★★★   
Noce Blanche ★★★★ ★★★ ★★★★ ★★★   
De bruit et de fureur    ★★★★ ★★★★ ★★★★   
Un jeu brutal ★★★★ ★★★★ ★★★   
Le franc-parler de Catherine Deneuve ★★★★ ★ ★★★ ★★ ★★★★
Cédric Villiani se présente à Pariiiiiissss ★ ★ ★ ★   
Dolan et Depardieu dans une adaptation de Balzac ★ ★★ ★★★★    ★★★
Les décryptages de Nathalie Saint-Cricq au JT de France2 ★★★★ ★★★★ ★ ★ ★★★★

 

ON NE PEUT PLUS RIEN DIRE 🦊
Nous vivons une époque formidable où le “ouin ouin on ne peut plus rien dire” a encore de beaux jours devant lui. Maître en la matière, le présentateur Pascal Praud sur CNews ne passe pas une semaine sans penser à un débat afin de dire à quel point le cinéma français est quand même bien mort (c’est pour plaire à son ami Alain Delon). Ce jeudi, dans sa redoutable émission L’heure des pros, que l’on vous conseille en cas de dépression, l’âne PraudPraud recevait des lumières: le “journaliste” cinéma qui confond les cabines d’UV avec les salles de projo Olivier Benkemoun, les “réalisateurs” les plus Kubrickiens du cinéma franco-français Fabien Onteniente et Christophe Barratier. Mais aussi Eric Neuhoff – QUOI?!? ET PAS DE MICHEL FUCKIN CIMENT?????? – qui venait vendre son pavé (Très cher) cinéma français (Albin Michel, 132 pages, 14 €).

La Plume du Masque y dézingue à l’envi la grande famille du cinéma français («Un cinéma qui ressemble à un vieux beau aux cheveux teints, les joues gonflées au collagène. Les chirurgiens esthétiques s’appellent CNC, chaînes de télévision et régions» qu’il écrit). En gros, il s’en prend au manque de risque, de passion et de nécessité de l’industrie hexagonale qui produit 250 films par an. «Il fut un temps où les gens se réunissaient dans de vastes salles remplies de fauteuils en feutrine rouge. Généralement le samedi soir. Avec des esquimaux. L’endroit prenait des allures de cathédrales (…) C’était une sorte de temple où les lumières s’éteignaient au ralenti. Le rideau s’écartait. Un doux ronronnement gagnait l’espace et un faisceau percutait l’écran. La magie démarrait…». Ce beau temps est révolu selon Neuneu, homme de droite dans la lignée des Hussards (mais si, ce mouvement littéraire des années 60-70 qui portait l’étendard du style, de la liberté et de l’impertinence!). Quelques pages plus loin, il avoue détester André Téchiné, Philippe Garrel, Benoît Jacquot, François Ozon («Peut-être qu’un jour, sur un malentendu, Ozon fera un bon film»). Et il abhorre même notre Zaza Huppert qu’il dépeint comme une «petite dame pincée» qu’il trouve «sexy comme une biscotte» («Sa boulimie de pellicule contraste avec son gabarit tout en rétention»).

Tout ça pour dire que l’émission de Pascal Praud était un grand moment de rigolade involontaire, le plus rigolo étant ce passage savoureux où Onteniente explique que Jacques Rivette et Alain Cavalier étaient des fans hardcore de Camping mais qu’ils-pouvaient-pas-le-dire.

Un qui n’a pas peur de dire ce qu’il pense, c’est Michel Sardou, tout colère avec ses lunettes de star sur le plateau de la radio RTL. Dans un franc-parler à la Sardouille, le célèbre chanteur défonce ce monde «d’interdits», vitupère les téléphones portables, abhorre les réseaux sociaux utilisés «par des abrutis», les émissions TV «que des débats, ils nous prennent pour des cons!», le tout sur le thème: c’était mieux avant! «Dans les années 70 et 80, on pouvait rouler vite, faire des affaires, on fumait, on faisait l’amour, on buvait…», fulmine l’interprète du CON-NE-MA-RAAAAAA, en éternel ronchon fustigeant la mode des gilets, «jaunes, bleus, verts» pour aboutir à l’amer constat: «Il n’y a plus de liberté!».

Une qui n’a pas peur de dire ce qu’elle pense, c’est Catherine Deneuve. Invitée-star ce lundi pour la rentrée de l’émission CAVous, elle a pris, une fois encore, la défense de Roman Polanski, que l’on sait toujours aussi poursuivi par la justice américaine pour le viol de Samantha Geimer, alors âgée de 13 ans, en 1977: «Je pense que plus de 40 ans ont passé. Et je pense que même les plus grands criminels, quand ils ont fait leur peine, au bout de 40 ans, ils ont le droit d’être à nouveau dans la vie, et d’essayer de se recomposer une vie pour eux-mêmes.» Résultat: des seaux de merde et des insultes à vomir (certaines ouvertement antisémites) sur les résososio. Mais la Cathy s’en moque. Au dernier Festival de Deauville, elle était heureuse d’annoncer à Roman qu’il avait reçu le Lion d’argent pour son film J’accuse, à la Mostra de Venise – en dépit de la détestation affichée (et indécente, dans le cadre de sa fonction) de la présidente du jury Lucrecia Martel – attribuant en passant le Lion d’or au Joker. Polanski récompensé, rebelote de seaux de merde et d’insultes à vomir sur les résososio.

Ce dimanche, c’est au tour de la victime Samantha Geimer de féliciter le cinéaste sur Twouitère, de mettre les choses au clair sur son statut de victime et de siffler la fin de la récré. Elle est pas belle notre ère du On ne peut plus rien dire?

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