Chaque semaine, retrouvez notre rubrique On ne peut plus rien dire 🦊.

GUERRE DES ÉTOILES
☆ Pas chaos ★ Pas très chaos ★★ Un peu chaos ★★★ Assez chaos ★★★★ Très chaos Palme
👉Tableau à télécharger

Valérie Romain Le Vern Jérémie Marchetti Théo Michel Alexis Roux Gautier Roos
Bonne année 2020 ★★ ★★★★ ★★★
★★★★
Le dernier Star Wars ☆ ★★ ★ ★★ ★★ ☆
Judi Dench dans Cats ☆ ★★★ ★ ☆
La saison 2 de Euphoria débarque en 2020
L’évasion de Carlos Ghosn ★ ★★★ ★★★
Sharon Stone sur les sites de rencontre ★★★★ ★★ ★★★★
Eastwood et Schwarzy au ski ☆ ★★ ★★★ ★★★
Baby Yoda ★★ ★★ ★ ★★
Tout Radiohead dispo sur YouTube ☆ ★★★★ ★ ★★★★ ★★★★
All i want for Christmas de Mariah Carey ☆ ★ ★★★ ★ ★★★
Sophie Marceau et Goldman chouchous des français en 2019 ★ ★ ★ ★★ ★★

 
ON NE PEUT PLUS RIEN DIRE
La question se pose décemment en ce début de 2020: peut-on réellement se souhaiter une bonne année dans un monde où Donald Trump est (encore) président des États-Unis?

Face à l’actualité brulante (l’assassinat du général Ghassem Soleimani, les menaces de riposte etc.), comment peut-on faire? Est-ce que l’éternellement perchée Arielle Dombasle nous sauvera de l’horreur de cet affreux monde tragique?

Le cinéaste Michael Moore, fervent opposant à Donald Trump, s’est fendu d’un tweet pour le moins cinglant adressé aux américains: “À la fin de la journée, vous serez programmé pour le haïr. Vous serez heureux que Trump l’ait assassiné. Vous ferez ce qu’on vous dit. Préparez-vous à envoyer vos fils et vos filles à la guerre.”

On peut comprendre pourquoi les films d’horreur ne font plus peur depuis longtemps. La vie est devenue un film d’horreur, ou du moins potentiellement plus flippante qu’un film d’horreur. Le chaos règne. Pour de bon. On se contentera d’avoir des pensées plus légères en s’attachant à un chaos moins offensif, en suivant par exemple les péripéties de l’incroyable Carlos Ghosn.

Si sa fuite au Liban est bien réelle, c’est fou à quel point elle ressemble à une fiction. Et figurez-vous que c’est bientôt sur votre télé-ordinateur. Selon nos confrères du Monde, Carlos Ghosn aurait signé, il y a quelques mois, une exclusivité avec Netflix. Selon une autre source (New York Times), il aurait d’ailleurs reçu pendant sa période d’assignation à résidence le producteur américain John Lesher pour lui raconter “sa vie”, “son combat”, le thème étant la rédemption et le grand méchant, le système judiciaire japonais. «Je suis à présent au Liban. Je ne suis plus l’otage d’un système judiciaire japonais partial où prévaut la présomption de culpabilité» a-t-il clamé dans un communiqué cette semaine. Reste une question: quiqui pour le jouer? Avec le deep fake, de nos jours, vous savez, tout est possible. C’est l’infini à portée de caméra.

Pas de deep fake en revanche pour la vénérable Judi Dench qui resplendit dans Cats, ce fantastique nanar à l’anthropomorphisme douteux dans lequel tout un casting a mis du LSD dans son jus d’orange. Parce qu’il avait des factures à payer, le réalisateur des Misérables et du Discours d’un roi s’est attaqué à l’une des comédies musicales les plus cultes de l’histoire et mes aïeux, c’est à se tordre de rire. On savait Tom Hopper assez tâcheron (mais siiiii, souvenez-vous de Russell Crowe beuglant à la mort en Javert ascendant Garou dans LES MIS), il fait cette fois passer Joël Schumacher pour Orson Welles.

Avec Cats, film d’une connerie sans nom qui est au cinéma ce que Trump est au savoir-vivre, il vient de dilapider tout le crédit que d’aucuns lui avaient accordé avec Le discours d’un roi. Soit une délirante réinterprétation du mythe des chats et de leurs sept vies qui met en musique le recueil de poèmes Old Possum’s Book of Practical Cats de l’écrivain T. S. Eliot avec des effets entièrement numériques plus kitsch que ceux de Catwoman de Pitof pour donner vie à ses chats plutôt qu’à un maquillage classique. Casting très mode. On y voit Rebel Wilson dansant avec des cafards grimés en majorettes ou encore James Corden fouinant dans les poubelles, mais notre coup de cÅ“ur va pour la vaillante et grumpy Judi Dench, impériale en vieux minou. Un rôle qu’elle qualifie de «chat transgenre». Rappelons quand même à ceux qui s’offusquent de leur existence que si de telles bouses sont encore produites en 2019, c’est précisément parce que le nanar est indissociable de l’histoire du cinéma. Si le nanar n’existait pas, il n’y aurait pas de chef-d’Å“uvre. On en espère plein en 2020, année que l’on vous souhaite quand même bonne.