Chaque semaine, retrouvez notre rubrique On ne peut plus rien dire 🦊

GUERRE DES ÉTOILES
☆ Pas chaos Pas très chaos ★★ Un peu chaos ★★★ Assez chaos ★★★★ Très chaos Palme
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Valérie Guillaume Cammarata Paul Hebert Romain Le Vern Jérémie Marchetti Alexis Roux Gautier Roos
Joachim Son-Forget à la présidentielle  zero ☆  
Agnès Buzyn à la mairie de Paris zero
Boris Becker dans le métro   zero ★★★ ★★ ★★★
La BA de The Green Knight Palme ★★★ ★★★ ★★★ ★★★★ ★★★★
Le projet DAU continue à Berlin zero ★★★ ★★★ ★★★★
Le cinéma et la coupe Afro Palme ★★★★ ★★★★ ★★★★   ★★★ ★★★
Un comité de sélection féminin ++ à Cannes Palme ★★★ ★★★★ ★★★ ★★★
La saison 11 de TOP CHEF  zero ★★★ ★★
Aurélien Barrau, pape du climat   zero ★★ ★★ ★★★ ★★★★
Kim et Kanye au KFC  Palme  ★★ ★★★★

ON NE PEUT PLUS RIEN DIRE 

Selon le mood, il carbure à plus de dix tweets et posts Facebook par jour, aux relents souvent contestataires, misogynes, homophobes… on en passe et des meilleures. Il cultive soigneusement son statut de «troll» et se plaît à jouer avec les limites. Il franchit la ligne vomitive en retweetant l’épisode Griveaux. Évincé de LREM, il crée son propre parti «valeur absolue», clin d’œil au torchon «Valeurs actuelles», qui semble être son sponsor numéro 1. Cet homme, c’est Joachim Son-Forget, qui annonce sur TPMP sa future candidature à la présidentielle aux côtés d’Alexandre Benalla (oui, la totale). On sent bien des lacunes évidentes dans son humour jamais drôle, proche de lapost soirée médecine où Jojo a sûrement abusé du poppers et du proto. Mais s’il pense que l’énergique bêtise qu’il dégage fait de lui le chaos de la politique, il se trompe lourdement. En parlant de bêtise/candidature, comment ne pas évoquer Agnès Buzyn.

Rigolote la Agnès, c’est en larmes qu’elle quitte donc ses fonctions au ministère de la santé, pour se lancer corps et âme dans la bataille pour la mairie de Paris. Une passation toute en émotion, elle qui pourtant avait toujours mis un point d’honneur à paraître grande dame, fière comme la Joconde. On lui souhaite bon courage, elle sera peut-être élue, qui sait? La France est bien le premier pays européen à avoir accueilli le coronavirus sur le territoire, alors être number one, Agnès elle s’y connaît.

Comme décidément ce n’est pas nos politiques qui vont nous donner le smile cette semaine, on ira plutôt lorgner du côté des humoristes français, et plus particulièrement de ceux qui opèrent dans la rue. Et à ce petit jeu, en voici un qui ne manque pas d’audace, même si la méthode divise la rédaction. À force, vous allez même avoir peur de le croiser dans le métro et de tomber face à lui. Mr. Boris Becker est un électron libre dont le talent comique et les malaises improvisés qu’il provoque donnent à rire des piégés comme du piégeur. Il devrait être financé par la Ratp.

Un point cinéma quand même, parce que bon, vous êtes aussi et surtout là pour ça, avec la bande annonce archi chaos de The Green Knight, qui a foutu la gaule à toute la rédaction (même à Valérie, si, si). Alors on s’avance sûrement un peu trop, mais on ne peut que reconnaître à David Lowery un talent dans la mise en scène plastique et sonore bien au-dessus de la moyenne. En espérant une annonce de sortie très prochainement.

Présenté à Berlin en compétition ce mois-ci, le long métrage tiré du projet DAU, qui en avait enchanté certains et exaspéré d’autres, continue son exploration expérimentale à la sauce soviétique. Votre rédacteur avait apprécié se perdre dans le théâtre du Châtelet pour croiser des mannequins plus vrais que nature, manger de la soupe brulante façon goulag et regarder des vidéos ultra glauques dans des petites cabines façon peep-show. Le projet Dau, bien que mal fignolé, était une promesse, un prélude dont le long métrage devra confirmer l’intérêt porté pour lui.

D’ailleurs, en parlant d’intérêt, il faudra nous expliquer celui de mettre en avant le fait que le comité de sélection du festival de Cannes soit majoritairement composé de femmes. Si elles y sont majoritaires, c’est qu’elles ont démontré qu’elles étaient les meilleures pour occuper ce poste, et leurs sexe n’a rien à voir là-dedans. La rédaction se réjouit toutefois de constater que le monde sclérosé du cinéma finit par afficher un horizon où la parité sera enfin respectée.

Les femmes qui seront d’ailleurs encore minoritaires dans Top Chef cette année. Et on s’en fout car ce n’est pas trop grave s’il y a moins de femmes qui ne veulent pas puer le graillon.

Par contre il faudra songer à y aller mollo sur les clichés et les commentaires d’un autre temps. «Olalala elle cuisine avec du vernis à ongles» guuuurrrllll. «Olalala la cuisine de David (le candidat homosexuel de cette saison) est tellement sensible». Dommage qu’une émission de cuisine aussi sympathique véhicule des pensées qui filent autant la gerbe. Si ça continue, on ne va plus avoir envie de cuisiner et on ira plutôt s’enfiler des gros buckets au KFC comme Kim et Kanye à Paname.

Cette pensée d’un autre temps est l’occasion d’évoquer un sujet qui vous a peut-être échappé, mais dont il ne se passe pas une semaine sans que celui-ci soit évoqué : la chevelure afro et son impact politique et social pour ceux et celles qui l’arborent en dehors du continent africain. Le constat, repris par le cinéma, a été décortiqué par tous les genres et dans tous les pays, du film d’animation sélectionné aux oscars (Hair Love) à la parodie horrifique à Sundance (Bad Hair). Par chez nous, en plus des nombreux articles publiés sur internet, c’est surtout un documentaire de la jeune réalisatrice Néhémie Lemal qui donne à voir et à penser ce qui pour certains est aussi indisposant qu’un voile ou aussi drôle qu’un jouet. Son film s’appelle d’ailleurs On ne peut plus rien dire. La boucle est bouclée.

Picture 3

Terminons avec celui qui est partout, tout le temps. À la télé, à la radio, dans les journaux, sur internet, ou encore derrière votre pot de Nutella rempli d’huile de palme bande de salauds. Cet homme, c’est Aurélien Barrau, l’éminent astrophysicien et poto de Claire Denis.

Face à l’urgence climatique, celui qui disait ne pas trop vouloir se montrer est devenu à lui seul une pollution médiatique. Rabâchant et rabâchant mot pour mot tel un mantra que nous allons tous à la catastrophe. Le pire c’est qu’il a raison, mais du coup on aime jouer à se faire peur en le recevant ce christ du thermomètre, tout en sachant que le changement se fera à une vitesse bien insuffisante pour enrayer le chaos qui règne déjà. Ce serait drôle si ce n’était pas tragique dit-il, on conclura là-dessus. G.C.

PS. La semaine prochaine, votre rubrique préférée vous concocte un «spécial César», avec Valérie dans les tribunes pour ne rien rater de la grande kermesse du cinéma français.

 

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