On a vu “Strasbourg 1518” de Jonathan Glazer

Moins d’un an après son sidérant court métrage The Fall, Jonathan Glazer signe une nouvelle étrangeté avec Strasbourg 1518. A l’abri des modes et des conventions.

Le titre Strasbourg 1518 fait référence à une étrange fièvre ayant pris des habitants de ladite ville (Strasbourg donc) à ladite date (1518 re-donc). Pris dans une spirale de danse enfiévrée et interminable, ils s’agitent jours et nuits jusqu’à l’épuisement voire la mort. Cet évènement aussi étrange que terrifiant fut documenté avec précision par les savants de l’époque, évoquant une véritable épidémie. Le cinéaste saisit alors l’opportunité d’une commande de la BBC et de la compagnie de danse Sadler’s Wells pour nous proposer une transposition contemporaine et expérimentale de cette histoire. A l’intérieur d’appartements exigus et presque vides de tout mobilier, des personnages entament une transe violente et sans fin. Le cinéaste s’entoure de danseurs professionnels afin de rendre visible et physique la sensation d’enfermement intérieur et extérieur auquel sont confrontés ces pauvres âmes possédées. Tourné pendant le confinement, le film fait donc aussi fortement écho à notre propre isolement. Le choix des cadrages laissant souvent apparaître une fenêtre où derrière le monde semble s’être figé. Rythmé par la bande-son de Mica Levi et éclairé par Darius Khondji, le court métrage est désormais disponible sur la plateforme Mubi.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici