Timothée Chalamet. N'oublie pas que tu vas souffrir avec lui.

Après sa parodie très ratĂ©e War Machine, l’australien David MichĂ´d s’embourbe de nouveau sur Netflix (dĂ©cidĂ©ment!) avec cette mayonnaise Shakespearienne oĂą TimothĂ©e Chalamet revient dans la peau du roi Henri V et Robert Pattinson en dauphin de France. Au-se-cours…

En pleine Guerre de Cent Ans et alors que la santĂ© de son père se dĂ©labre, le jeune Henri V (TimothĂ©e Chalamet) est contraint de prendre les rĂŞnes de l’Angleterre en 1413. TragĂ©die du sang royal, le prince rebelle trĂ´nait librement dans les ombres reculĂ©es du royaume, mais il n’a d’autre choix que d’accepter son sort. Le voilĂ  roi d’Angleterre et, accompagnĂ© de son fidèle ami Sir John (Joel Edgerton), il livre la grande bataille d’Azincourt face au dauphin de France (Robert Pattinson), accepte la main de Catherine de Valois (Lily-Rose Depp), pour enfin rĂ©gler ses comptes avec la France. Mais qu’elles sont loin la violence familiale de Animal Kingdom et la violence post-apocalyptique de The Rover! Et qu’elles nous manquent…

La plateforme de diffusion-production nous prĂ©vient: The King est «une Ă©popĂ©e historique avec des batailles, comme Game of Thrones». Suivons donc ce programme cache-misère et vĂ©rifions si le chaos a rĂ©ussi Ă  contaminer l’adaptation du Henri V de Shakespeare. Eh bien, non: c’est d’une absence dĂ©solante de folie. C’est plat, dieu que ça manque de relief. Pourtant, l’histoire est intĂ©ressante. On nous raconte comment un alcoolo moyennement sympathique mais bienveillant devient un rĂ©gent inhumain. Soit Henri, fils d’Henri IV, qui veut plus que tout pacifier le royaume d’Angleterre. Or, me direz-vous, comment atteindre la paix sociale quand ce qui unit les peuples d’Angleterre repose sur une domination illĂ©gitime? Très simplement, en pointant du doigt un ennemi Ă  tous, en allant guerroyer chez les Français.

Nous suivons donc l’épopée française d’Henri the Fifth. Son armée est commandée par un certain Falstaff, ami du roi et singulier chaman de guerre. Tandis que l’adversaire principal, dauphin du roi français, est incarné par nul autre que Robert Pattinson. Rigolo quand il imite l’accent franchouillard en anglais mais incapable d’élever la psychologie monolithique qui a mystérieusement investi tous les personnages du film. Notons que le spectacle comporte la scène de bataille syndicale. Celle d’Azincourt, donc, où le commandement français a fait preuve d’une intelligence tactique faisant honneur à sa réputation. En essayant de filmer la bagarre d’une manière plus pénétrante, Michôd nous livre un copier-coller de la fameuse Bataille des Bâtards, plutôt impressionnante dans Game of Thrones. Le film est généreusement écrasé par ses personnages, son scénario et le probable cahier des charges. Pas de risque, peu d’humour, langage cinématographique formaté. On est rendu aussi apathique que Timothée Chalamet dans son rôle. Il y a pourtant un message. Celui que nous finirons par découvrir propose une vision critique sur la politique de la paix social. Politique qui n’est pas dénué d’actualité en ces temps d’islamophobie. Pas de quoi sauver le film pour autant.

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