Halloween est une fête ancestrale, ancrée dans les racines obscures de l’âme humaine, à cette période on est en plein dans l’ère des réflexions métaphysiques, des expériences de deuil et de destruction sous toutes leurs formes. Oui Halloween c’est grave. Et oui, ce soir là vous devriez allumer des bougies, seul, dans le noir, respirer les vapeurs d’encens en dessinant le sigil approprié sur un fragment de parchemin. Oui. Mais non. Vous êtes plutôt du genre à regarder des acteurs le faire à votre place, pendant que vous engloutissez des litres d’alcool comme c’est permis qu’un soir de nouvel an, jusqu’à finir par sortir, perdre votre téléphone, vos clés et votre sens de l’orientation. Soit, Night of the Demons est fait pour vous.

PAR GEOFFROY DEDENIS

Une bande de joyeux drilles bien vulgos décide pour une raison ou une autre de suivre les conseils soirée de la weirdo du lycée, pack de bières sous le bras et blue jeans tout durs. Il s’avère que le point de rendez-vous est un manoir, où vivait on ne sait trop quand une certaine famille Hull et qu’un soir l’un des membres de la maisonnée a eu la bonne idée de massacrer tous les autres avant de se donner la mort. Effectivement, ce synopsis promet à peu près autant de rebondissements qu’un épisode de Scooby Doo, mais c’est sans compter sur la poignée de détails magiques que contient Night of the Demons et qui suffisent à changer la citrouille boring en citrouille keupon.

Le super premier point du film c’est son générique, somewhere between Hausu, la version dessin animée des Contes de la cryptes et l’Étrange Noël de Mr. Jack, on a tout bonnement envie qu’il ne s’arrête jamais. Les notes du synthé combinées à l’animation suscitent une nostalgie des années 80 immédiate et ce même si vous êtes né dans les années 90. Puis débute le film et tout y est. Tout. La nuit, l’alcool au volant, les jeunes qui se tripotent et haïssent les vieux, les vieux qui le leur rendent bien et du coup décident de glisser des lames de rasoir dans les pommes qu’ils donneront à ces saloperies de gosses qui n’ont que ce qu’ils méritent – prenez garde enfants de hippies et optez pour les twix. C’est ça l’esprit d’Halloween.

Le casting d’ados de 25 ans comporte bien sûr son lot de personnages type moyennement amusants, mais il est sauvé par le binôme top génial formé par Angela – la goth antisociale qui s’en tape de pécho et qui n’a que Bélial en tête du soir au matin – et Suzanne – Incarnée par Linnea Quigley, the one, la même qui faisait du full frontal en plein cimetière dans le Retour des morts-vivants. La même aussi qui a fait une série de cassettes de remise en forme avec des zombies. Chaos! Et ici, Linnea est on the edge of glory avec des répliques à base de «cuuute boooyz» et des exhibitions de popotin approximativement tous les quarts d’heure.

Une fois arrivés à bon port dans cet endroit caché de Dieu et avoir descendu quelques canettes, les convives se décident à faire a séance, histoire de ne pas non plus survivre trop longtemps. Notre démon désincarné n’en demandait pas tant et se précipite dans la cavité buccale de Suzanne prenant ainsi possession de son enveloppe afin de pouvoir rouler des patins à ses camarades et les infecter avec son gonocoque de l’au-delà.

Le film progresse ensuite dans la tradition des spookys avec des blagues débiles et des jumpscares, qui, s’ils vous atteignent, démontrent simplement que vous n’avez pas dormi depuis 72 heures. Heureusement, Angela la gothgirl nous offre le climax du film, possédée a son tour, elle se lance dans une choré érotico-mylènefarmeresque, regarde dans le vide, rampe, tourne dans tous les sens, la radio s’allume en plein milieu du Stygmata Martyr de Bauhaus – CHAOS – , elle montre sa culotte noire, le strobo flashouille à fond et elle se téléporte. Autant dire que le mec qui la matait depuis cinq bonnes minutes flippe sa race.
Cette scène place directement Angela dans le top des nanas gothiques où elle pourra s’asseoir à la droite de Fairuza Balks dans The Craft – que personne ne détrônera jamais de toute façon.

Ce sont ces étincelles qui donnent toute sa saveur de M&M’s bleu trouvé sous un fauteuil à Night of the Demons. Comme cet autre passage où Suzanne, under the influence, se badigeonne le visage, puis les seins avec son tube de rouge à lèvres, avant de le faire disparaître dans son sein. À l’intérieur de son sein, comme ça. Des effets spéciaux à l’ancienne plutôt bien foutus, d’ailleurs le coup du tube à rouge à lèvres est tellement réussit que Linnea est repartie avec le maquilleur Steve Jonhson et s’est mariée avec. Comme quoi.

Dommage que ces tours de magie n’aient pas été plus nombreux pour nous aider à surmonter la dernière partie du film, qui nous fait attendre un nouveau générique trop cool – qui n’arrivera jamais – pendant vingt minutes. Cette araignée en latex cinématographique est due à un certain Kevin S. Tenney, auteur de films qu’on n’a pas vu mais qu’on aimerait bien, comme Witchtrap et La revanche de Pinocchio, sans oublier le prochain Don’t Let Them In qui doit sortir cette année et qui est, nous dit-on fort attendu à Béziers.

Night of the Demons reste malgré tout peu vu en France, voire carrément pas aimé du tout du côté des québécois, si on se fit à ce commentaire de Mr.Horreur datant du 29/04/2005 : «Que pensez-vous de ce film ??? Suis-je le seul à ne pas l’avoir apprécié???». J’aimerais te dire «oui», Mr.Horreur.

À savoir qu’un remake de Night of the Demons a été tourné en 2009, avec la même Linnea Quigley, increvable et au moral de titanium, puisqu’elle se contente d’interpréter La femme en ballerines. On y trouve aussi Edouard Furlong qui fait ce qu’il peut, mais il serait préférable de bien considérer les choses avant de vous lancer dans de telles extrémités.

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