CĂ©lĂ©brĂ© au festival fantastique de Paris avant de disparaĂ®tre dans des brumes de vidĂ©o-club, Montclare: Rendez-vous de l’horreur aka Next of Kin a surtout connu un nouveau regain d’intĂ©rĂŞt grâce Ă  son Ă©vocation dans le documentaire Not Quite Hollywood, oĂą Quentin Tarantino bavait son admiration sur ce thriller gothique. Et il avait raison le saligot, tant ce cousin australien de Shining distille brillamment son venin tout le long de cette visite d’un hospice poussiĂ©reux, qui va mener sa jeune hĂ©ritière Ă  dĂ©couvrir un secret terrifiant. De la musique planante de Klaus Schulze Ă  la fin explosive – dans tous les sens du termes – il y a toujours un moment oĂą l’on repense Ă  ce film aussi inquiĂ©tant que perchĂ©.

Entre ses dvd imports très moyens et sa copie française sans relief ni couleurs, Next of Kin a rarement eu l’occasion de se montrer sous ses beaux atours. C’est dire Ă  quel point on attendait sa sortie en HD… et mĂŞme sa sortie tout court en France. L’annĂ©e dernière, l’Ă©diteur australien Umbrella donna le feu vert Ă  une collection consacrĂ©e Ă  l’Ozploitation, oĂą se retrouva justement le mystĂ©rieux film du tout aussi mystĂ©rieux Tony Williams. C’est donc tout naturellement que Le chat qui fume reprend la quasi-intĂ©gralitĂ© de l’Ă©dition en question, laissant uniquement sur la touche les deux courts-mĂ©trages du rĂ©alisateur. Le film perd au passage son titre français bien moins sobre, et on retrouve donc le nouveau master tirĂ© en 4K du film, permettant enfin de redĂ©couvrir ce petit chef-d’oeuvre dans les meilleures conditions et d’offrir une nouvelle jeunesse Ă  l’atmosphère dĂ©mente du film.

Si les commentaires audio de Tony Williams et de son producteur Tim White, puis du trio John Jarratt, Jackie Kerrin et Robert Ratti ont Ă©tĂ© gardĂ©s mais non sous-titrĂ©s, l’Ă©diteur apporte une autre clef de dĂ©cryptage pour les non-anglophones: un entretien d’une vingtaine de minutes avec Eric Peretti, retraçant alors la destinĂ©e du long-mĂ©trage. Si la vidĂ©o d’un bal filmĂ© par Tony Williams (alors rĂ©utilisĂ©e dans le film) ou le (beau) retour sur les lieux du tournage font office de bonus apprĂ©ciables mais lĂ©gers, le plus grand apport se rĂ©vèle ĂŞtre la dĂ©couverte de nombreuses bobines photos de scènes coupĂ©es. Et pas n’importe lesquelles, puisqu’on dĂ©couvre que le dernier tiers, dĂ©jĂ  impressionnant, devait ĂŞtre rallongĂ© de trouvailles macabres, d’un autre affrontement et mĂŞme d’un twist un peu poussif. Un joli trĂ©sor pour les fans du film (comme votre serviteur, tiens donc).

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