[MY SON, MY SON, WHAT HAVE YE DONE ?] Werner Herzog, 2009

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Werner Herzog + David Lynch + Michael Shannon + Willem Dafoe + Chloë Sevigny + Udo Kier. Salut les petits fous !

PAR PAIMON FOX

My son, my son, what have ye done ?, de Werner Herzog, a Ă©tĂ© tournĂ© peu de temps après son Bad Lieutenant, faux remake du Abel Ferrara avec un Nicolas Cage au-delĂ  du chaos. Avec un ton hallucinĂ© et une narration dĂ©cousue, Herzog relate sous l’Ă©gide de David Lynch comme producteur exĂ©cutif l’itinĂ©raire de Brad Macallam (Michael Shannon, gĂ©nial as usual) qui a tuĂ© sa mère d’un coup de sabre. A travers des flashbacks, le rĂ©cit tente de comprendre les motivations de son geste provoquĂ© par la frustration de ne pas avoir Ă©tĂ© celui qu’il aurait rĂŞvĂ© d’ĂŞtre (un comĂ©dien voulant se convertir Ă  l’islam). Cet esprit dĂ©rangĂ© depuis qu’il a entendu des voix lors d’un voyage au PĂ©rou confond mythe ancien et folie moderne, finit par se barricader chez lui en prenant deux flamants roses comme otages. Un inspecteur de police (Willem Dafoe) va essayer de le ramener Ă  la raison avec la petite amie (ChloĂ« Sevigny) et leur metteur en scène de théâtre (Udo Kier).

A l’Ă©cran, ce joyeux bazar se traduit par un opĂ©ra baroque oscillant entre les nĂ©gociations de prise d’otage et la dĂ©rive psychotique. Parfois, des interactions tombent Ă  plat ; parfois, elles explosent. Au lieu de porter un jugement moralisateur (le hĂ©ros n’est ni bon, ni mauvais, juste irrĂ©cupĂ©rable), Herzog prĂ©fère Ă©pouser le brouhaha mental de Maccallam, inspirĂ© par Mark Yavorsky, pour capter son dĂ©sir mortifère d’accomplissement artistique. A travers lui, il confirme sa prĂ©dilection pour les quĂŞtes mythologiques dĂ©mesurĂ©es, aux confins de la folie. C’est le premier film d’horreur rĂ©aliste de Werner – son remake de Nosferatu n’Ă©tant qu’un pastiche fantastique transcendant l’original de Murnau – et Ă  travers les conventions du genre, il brouille les limites entre la rĂ©alitĂ© et la fiction théâtrale et transforme la tragĂ©die grecque d’Oreste en cauchemar Ă©veillĂ©, surrĂ©aliste. Herzog a manifestement vu en Michael Shannon une rĂ©incarnation de Klaus Kinski, Ă  raison. Les personnages secondaires (Brad Dourif, Michael Peña, Grace Zabriskie, Irma P. Hall, Verne Troyer, excellents seconds couteaux du cinĂ©ma indĂ©pendants US) apportent le degrĂ© de folie supplĂ©mentaire Ă  ce film de fou par des fous et pour des fous.

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