Un couple en crise (Nicole Garcia et Jean-Pierre Bacri), confronté aux Bronsky (Jean-Pierre Bisson et Dominique Lavanant), une famille bizarre qui vit dans une roulotte à quelques mètres de leur maison. On se demande encore pourquoi ce film reste sous-estimé.

PAR PAIMON FOX

Avec l’aide de Philippe Setbon au scĂ©nario, Joel Santoni a librement adaptĂ© un roman Ă©ponyme de Joan Aiken (Died on a rainy Sunday) pour le transposer en Suisse. L’histoire d’un couple psychopathe cherche Ă  se venger d’un architecte que le mari  D’emblĂ©e, il avait envie de faire ce que d’autres cinĂ©astes français comme lui (Mocky, Manzor) ont essayĂ© dans les annĂ©es 80 : Ĺ“uvrer dans le cinĂ©ma fantastique. Les premières images annoncent l’arrivĂ©e des intrus pĂ©nĂ©trant dans une maison high-tech. Pendant longtemps, on ignore les motivations des Bronsky et celles de sa femme.

TaillĂ© comme un boogeyman, Jean-Pierre Bisson ressemble Ă  un personnage de sĂ©rie B pourvu d’extension mĂ©tallique. Il incarne le poids de la culpabilitĂ© du personnage de Bacri qu’il tient pour responsable d’un accident de chantier lui ayant coĂ»tĂ© son bras et ayant causĂ© la mort de sept ouvriers. Bacri est conscient que cet intrus reprĂ©sente une menace. Ironiquement, lorsque ce dernier essayera de lui tirer dessus, ce seront des balles Ă  blanc. Comme si Bisson n’était qu’un fantĂ´me.

Il suffit de voir Nicole Garcia enrubannĂ©e dans une robe rouge pour comprendre que Mort un dimanche de pluie est avant tout un conte de fĂ©es pour adultes oĂą les mĂ©chants du passĂ© agressent la bonne conscience du prĂ©sent. Les mĂ©taphores peuvent parfois paraĂ®tre appuyĂ©es (la prĂ©sence d’un corbeau et d’une musique Hitchcockienne Ă  la première apparition des Bronsky, l’aspect “marâtre” de Dominique Lavanant) mais elles contribuent au climat angoissant. Ce théâtre de la cruautĂ© dont l’enjeu est mortel repose aussi sur ses interprètes – tous excellents. Face Ă  la fadeur du couple Nicole Garcia/Jean-Pierre Bacri, Jean-Pierre Bisson et Dominique Lavanant, absolument gĂ©niaux, provoquent le frisson par leur simple prĂ©sence Ă  l’écran. On connaissait sa prĂ©dilection Ă  lui pour les caractères Ă  l’œil torve. Pas celle de Lavanant (sauf peut-ĂŞtre chez Mocky dans Agent Trouble) qui, dans son seul rĂ´le sombre au cinĂ©ma, dĂ©montrait qu’elle Ă©tait capable de beaucoup.

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