[MORGAN A VU POUR VOUS] “The Last Days Of American Crime” de Olivier Megaton, dispo sur Netflix

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Catégorisé «pire film de 2020» par les critiques américaines – le film est à 0% sur Rotten Tomatoes – The Last Days of American Crime, nouvelle production Netflix réalisée par le français Olivier Megaton, attisait forcément notre curiosité de pervers. Mais pourquoi tant de haine?

The Last Days of American Crime est une adaptation d’un génial comics éponyme écrit par Rick Remender et superbement illustré par Greg Tocchini. Une œuvre à la violence graphique rappelant par intermittences la grandeur de Sin City. A l’inverse de Robert Rodriguez qui s’était limité à quelques tomes pour son adaptation du chef-d’œuvre de Frank Miller, Olivier Megaton a fait ici le pari de synthétiser la totalité des 3 albums emplis de sang, de sexe et de sueur de The Last Days of American Crime en un film de 2h29. Un choix audacieux pour l’œuvre la plus ambitieuse de la carrière de Megaton, habitué aux suites sans saveurs des productions Besson, Le Transporteur 3, Taken 2 et 3, qui ont d’ailleurs, malgré leurs piètres qualités, fait de lui l’un des réalisateurs français les plus vus au monde.

The Last Days of American Crime prend place dans une Amérique futuriste qui se prépare à mettre définitivement fin aux crimes et à la violence en émettant un signal agissant directement sur le cerveau de ses citoyens. A une semaine du lancement du dispositif, le pays se retrouve dans un climat explosif et tendu. Graham Brick, cambrioleur professionnel endeuillé par le suicide de son frère en prison, se retrouve embarqué par Kevin Cash, rejeton excité d’un gros caïd, et la séduisante Shelby Dupree, dans ce qui s’apprête à devenir le dernier crime de l’histoire des Etats-Unis, le braquage de plus d’un milliard de dollar, avant de fuir au Canada.

Olivier Megaton avait devant lui un projet qui tombait à pic, à un moment où les Etats-Unis n’ont jamais autant ressemblé au pays dépeint dans le comics. D’autant plus que la police y tient également un rôle d’envergure. Alors que la plupart des policiers s’apprêtent à démissionner, ceux qui restent au sein des forces de l’ordre recevront un implant expérimental leur permettant d’échapper au signal, faisant d’eux les seuls personnes capables d’user de la violence.

Avec son propos critique et polémique, The Last Days of American Crime aurait pu devenir le film d’action de l’année, marchant sur les plates-bandes du Carpenter de Assaut et New-York 1997 ou bien du Verhoeven de Robocop. Malheureusement, le résultat s’avère crétin, laid et mollasson. Davantage que la mise en scène peu inspirée de Megaton, c’est par son montage et son scénario que le film coule. Réunissant un casting loin d’être ridicule sur le papier (Edgar Ramirez, Michael Pitt, Anna Brewster et Sharlto Copley), The Last Days of American Crime demeure pourtant traversé d’interminables séquences aux dialogues insipides, peu incarnés par des acteurs mal dirigés, jusqu’au grand n’importe quoi (l’horrible performance de Michael Pitt en braqueur dégénéré). Il devient alors impossible de s’attacher aux protagonistes, alors que l’intrigue du policier en mal de violence joué par Sharlto Copley ennuie par son incohérence et son inutilité.

Olivier Megaton n’arrive jamais à donner vie à cette Amérique au bord du chaos, préférant mettre en scène le plus platement possible des clichés de films d’action éculés depuis une vingtaine d’années, sur fond de soupe musicale. The Last Days of American Crime est le vestige bâtard de la méthode Besson, fantasme dépassé d’un cinéma américain débilitant. Est-ce vraiment le «pire film de 2020» pour autant? On ne va pas s’amuser à tirer sur l’ambulance, alors que des dizaines de navet du même acabit inondent nos salles chaque année. The Last Days of American Crime ira juste rejoindre le cimetière déjà bien rempli des mauvais films labellisés «Netflix Originals».

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