[MOAH] Que vaut cette série sur la vie compliquée d’un homme préhistorique il y a 45.000 ans?

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Moah, disponible sur OCS City, se présente comme la première série française en prise de vues réelles sans dialogue et sans musique. Que vaut cette fiction de 10x 26 minutes suivant la vie compliquée d’un homme préhistorique?

Nouvelle production issue du label OCS Signature, Moah est vendu comme la première série française en prise de vue réelle, sans dialogue ni musique. Cette création d’Henri Debeurme, déjà à l’origine de l’ambitieuse série de SF Missions, Bertrand Soulier et Benjamin Rocher, crédité également comme réalisateur, conte l’histoire de l’homme préhistorique du même nom, tentant de se faire une place au sein d’une tribu qui ne l’accepte pas. Pour sa première saison, Moah se compose de 10 épisodes dépassant rarement les 25 minutes. Et grand bien lui fasse! On ne saurait imaginer ce à quoi ressemblerait la série sur un format plus allongé tant elle masque mal ses pesantes longueurs, malgré la relative brièveté des épisodes.

Si le projet détonne par sa radicalité, les créateurs ont toutes les peines du monde à se mettre au diapason de la réputation et des promesses de Moah. Dans un premier temps, ça surprend et on trouve même un plaisir à voir évoluer ces personnages aux habitudes primitives, ayant pour seul langage une sorte de borborygme. Les créateurs ne cèdent à aucune facilité. Les dialogues sont incompréhensibles et ça demande un effort de la part du spectateur, certes bien aidé par le jeu burlesque d’acteurs bons et motivés, afin qu’il assimile certains mots tels que «Croda», «Kinka» ou «Djawala». L’absence de musique est en général palliée par les différents bruitages qui accompagnent les aventures de Moah et sa tribu. Toutefois, on peut rétorquer que la promotion reste assez mensongère au sujet de l’absence réelle de musique. En effet, des mélodies, montages d’effets sonores issus de la nature qui entoure les protagonistes, apparaissent de temps à autre, donnant un effet presque cartoonesque aux images.

Malheureusement, passé l’étonnement des premiers épisodes, on peine à être emballé par une série qui reste globalement ingrate et gênante. Si les décors des cavernes préhistoriques de Dordogne donnent un certain cachet aux images, Moah est trop mollement filmé pour susciter le rire ou l’émotion. L’histoire d’amour naissante entre Moah et Gawaa (personnage le plus énigmatique et intéressant de la série), fil conducteur de la première saison, est quelque peu touchante mais il faut en échange accepter de se coltiner des séquences à rallonge où les enjeux (faire du feu, trouver à manger, déclarer sa flamme) peinent à intéresser sur tout un épisode. Dommage. M.B.

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