Présenté au «Festival des Maudits films 2018», ce second opus des aventures de Leatherface possède une production tellement chaotique qu’elle ne pouvait accoucher que d’un film Chaos.

PAR GUILLAUME CAMMARATA, AUX MAUDITS FILMS

Après avoir signé son chef-d’œuvre de Massacre à la tronçonneuse, Tobe Hooper obtient les bonnes grâces de producteurs véreux qui lui signent un contrat de trois films et une carte blanche pour ses futurs projets. Manque de pot, les deux premiers longs qu’il réalise sont aussi décevants que leurs scores au box-office. Du coup, pour renflouer les caisses, pas le choix, il faut miser sur une valeur sûre et ce sera donc Massacre à la tronçonneuse 2. Tobe n’a pas envie mais Tobe n’a pas le choix. Dans la douleur, il enfante un film miroir à sa matrice originelle. Après avoir torturé les hippies, ce sera les sales petits cons des années 80 qui vont prendre cher. Miracle: malgré le charcutage opéré au montage par la production voulant formater le plus possible le produit pour s’assurer sa rentabilité (toute relative), ce second volet est, aujourd’hui encore, tout à fait regardable. En même temps, vu la grosse quantité de bouses que la franchise compte, ce n’est pas bien difficile, me direz-vous.

Massacre à la tronçonneuse 2, c’est comme si le pendant comique sous-jacent au premier volet était devenu le principal moteur d’un film sur la perte totale de contrôle. La folie a gagné, elle a contaminé tout ce qui respire. Ceux qui ne sont pas encore zinzins le deviendront ou mourront. Les décors sont ceux d’un ancien parc d’attraction. Ce que nous voyons est un divertissement. Mais attention un divertissement de luxe dans ce qu’il peut avoir de plus crasseux. Les acteurs sont possédés (mention spéciale pour Bill Moseley et Dennis Hopper en roue libre). Tom Savini signe parmi ses plus belles créations dans le domaine des sfx gore. Et la nouvelle scream queen Caroline Williams gueule encore plus fort que l’ancienne. Plus encore que le premier volet, indépassable, c’est ce second volet qui, de par son atmosphère et son univers au frontière du Chaos, va inspirer toute une génération de réalisateur (Rob Zombie en tête). Plus facile à copier, plus facile à transformer car déjà une parodie de ce qui a déjà été fait en mieux par la même personne. Méta-chaos.

Le paradoxe pour son réalisateur, c’est qu’ en revenant à l’origine de ce qui demeure encore aujourd’hui l’un des plus grands films de tous les temps, il a regagné en énergie noire et en savoir-faire de mise en scène ce qu’il a perdu avec ses autres tentatives filmiques (excepté Poltergeist mais c’est une autre affaire #Spielberg). 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici