[MARIO BAVA] 5 films chaos à (re)découvrir

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A l’occasion de la sortie de Mario Bava, le magicien des couleurs, qu’il a coécrit avec Romain Vandestichele (Editions Lobster Films), Gérald Duchaussoy donne 5 films très chaos du maître du cinéma fantastique italien.

Danger: Diabolik! (1968)
«Le film de Bava au mauvais esprit. Porté par une sublime musique d’Ennio Morricone, rock, éthérée et coquine, le plus gros budget de Mario Bava produit par le nabab Dino De Laurentiis est une ode à la contre-culture, celle qui ne perd jamais parce qu’elle sera toujours à l’opposée de l’endroit. Il en découle une oeuvre oblique, violente, flamboyante, au noir en couleur. Un mix latex entre Judex et James Bond en bombe.»

Une Hache pour la lune de miel (1970)
«Le chef-d’oeuvre de Bava méconnu. A nu, une noirceur anguleuse célébrant la mort et la douceur. La pigmentation et la folie s’insèrent au cœur de l’œil à en transpercer le moirage du souvenir. Comment ne pas terminer une relation toxique tout en profanant les amours naissantes? Un héros transparent, une fâcheuse mégère, des mannequins en osier et La Ronde d’Ophuls selon Bava. Toujours plus beau, toujours plus inquiétant, le cauchemar polychrome ultime.»

Les Trois Visages de la Peur (1963)
«Prima dell’ alba, tu morirai! La voix vénéneuse d’une ancienne maîtresse frustrée déchire la nuit solitaire d’une angélique prostituée: la mort s’annonce sans fard et frappera encore et encore dans ce gothique tryptique. À cheval sur l’humour macabre, Karloff est le maître de cérémonie d’une messe noire, ode à la déviance et à la démence. Trois visages, trois femmes, trois excellentes raisons d’avoir peur et de regarder la mort en face.»

Six Femmes pour l’Assassin (1964)
«Six femmes qui en savaient trop face au tueur sans visage, matrice de tous les assassins à gants, chapeau, couteau, Argento. Cauchemar de la bienséance cinématographique, whodunit sans autre motif que l’érotisation jubilatoire de la mise à mort, voici l’acte fondateur du giallo. Cameron Mitchell en rupture de «vikingueries» est le gigolo sordide d’une comtesse, Eva Bartok en amoureuse pathétique. Ils dansent avec les mortes sur la musique de Carlo Rustichelli jusqu’à la note ultime, duel sublime de deux amants maudits.»

Cani Arrabbiati (1974)
«Quintessence déliquescente du thriller à l’italienne, pas encore poliziottesco mais déjà sidérant et délétère. En un huis-clos toxique, le vieil homme et l’enfant face aux chiens enragés. Dix ans après Six femmes pour l’Assassin, la violence graphique et poisseuse au service d’un brûlot nihiliste cadencé par la musique de Stelvio Cipriani. Tu peux te répéter à l’envi que «ce n’est qu’un film»: quand tu sortiras de la salle, tu l’emporteras avec toi… et ce ne sera pas au paradis.»

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