Avec Old, film de plage cauchemardesque, M. Night Shyamalan revient à ses premières amours, l’horreur surnaturelle à twist. S’il s’est inspiré du roman graphique Château de sable de l’écrivain français Pierre-Oscar Lévy et de l’illustrateur Frederik Peeters, il a glissé des références cinéphiles plus ou moins visibles à l’oeil nu. Les voici.

La randonnée (Walkabout) de Nicolas Roeg (1971)
Au début des années 70, le réalisateur de Ne vous retournez pas dirige son second long-métrage après Performance, coréalisé avec Donald Cammell. Un père emmène ses deux enfants, une adolescente (Jenny Agutter) et un petit garçon (Luc Roeg, le fils du réalisateur) pour un pique-nique dans le bush à bord d’une coccinelle Volkswagen avec laquelle il parcourt le continent pour le compte de compagnies minières. Malgré la chaleur écrasante, les enfants portent leur uniforme d’écolier, le père est en costume. Il sort une arme à feu de la boîte à gants et se met à tirer sur les enfants qui s’enfuient. L’homme se donne la mort et sa voiture prend feu. Les enfants, après avoir passé une nuit seuls dans le désert, croisent bientôt le chemin d’un jeune Aborigène (David Gulpilil) qui partage avec eux les fruits de sa chasse et de sa cueillette, sa science du bush. Le garçon fait son walkabout, rite de passage à l’âge adulte par lequel les adolescents doivent parcourir le bush, guidés par des chants et des pétroglyphes.

Pique-nique.à Hanging Rock de Peter Weir (1975)
Un film sur un mystère. La disparition de trois jeunes pensionnaires et d’un de leur professeur le 14 février 1900. En cette Saint-Valentin, les élèves de l’institution Appleyard étaient parties pique-niquer à Hanging Rock, une formation rocheuse volcanique de la province de Victoria. Au moment de la sieste, quatre d’entre elles s’éclipsèrent afin de conclure l’escalade, que les règles d’éducation victorienne jugeaient inconvenante. Il n’en revint qu’une seule, hystérique, incapable d’expliquer la disparition de ses camarades et d’un professeur, sans doute parti à leur recherche.

The Black Cat de Kaneto Shindo (1988)
Le kimono que porte le personnage de Chrystal (Abbey Lee dans Old) quand elle commence à vieillir s’inspire d’une tenue aperçue dans ce film d’horreur japonais. Selon la chef-costumière Caroline Duncan, «dans ce film, il y a un personnage qui est un fantôme. Elle met un kimono et un voile. C’est une sorcière et il y avait quelque chose dans cette iconographie à laquelle Night a vraiment été sensible pour Chrystal au moment où elle vieillit».

L’ange exterminateur de Luis Buñuel (1962)
Un couple bourgeois de Mexico donne une réception après l’opéra dans leur luxueuse demeure. Quelques faits bizarres se produisent alors: des domestiques partent sans expliquer leur comportement, les invités connaissent une impression de déjà vu. Au moment de partir, une étrange réaction interdit aux invités de quitter les lieux. Ces derniers finissent par dormir sur place. Mais le lendemain matin, ils constatent qu’il est toujours impossible de sortir du salon.

Les dents de la mer de Steven Spielberg (1975)
Est-ce bien nécessaire de le présenter? Pour la forme (et pour le plaisir de reparler de ce film), à quelques jours du début de la saison estivale, les habitants de la petite station balnéaire d’Amity sont mis en émoi par la découverte sur le littoral du corps atrocement mutilé d’une jeune vacancière. Pour le chef de la police, il ne fait aucun doute que la jeune fille a été victime d’un requin. Il décide alors d’interdire l’accès des plages mais se heurte à l’hostilité du maire uniquement intéressé par l’afflux des touristes.

La quatrième dimension de Rod Serling (1959-1964)
Là aussi, pour la forme. Il s’agit d’une série télévisée américaine de science-fiction, en 138 épisodes de 25 minutes et 18 épisodes de 50 minutes, créée par Rod Serling et diffusée entre le 2 octobre 1959 et le 19 juin 1964 sur le réseau CBS, occupant le créneau horaire d’Alfred Hitchcock présente passé sur une chaine concurrente. Cette série est considérée comme l’un des plus beaux exemples de créativité de la télévision américaine, toujours célébrée des décennies après sa création. Elle se présente comme une anthologie d’histoires fantastiques, étranges, énigmatiques dont le but était, comme le disait son créateur Rod Serling, «de frapper le téléspectateur, de le choquer par la chute toujours inattendue, surprenante et singulière de chacune de ces histoires».

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