Coucou! Il est minuit, et à minuit, à l’heure où le chaos règne, en attendant l’heure où blanchit la campagne, nous recevons un invité: SALOMON DE IZARRA!

QUOI DE PLUS CHAOS QUE SALOMON DE IZARRA? Ça n’est pas un pseudonyme: il s’appelle réellement Salomon de Izarra. On lui donnerait volontiers le Bon Dieu sans confession (enfin, façon film de Carpenter) et, pourtant, derrière son côté personnage de Judd Apatow première période, se cache un des jeunes romanciers les plus cracras du moment. Finissant sur une thèse de lettres modernes (sur le roman carcéral), ce garçon de vingt-six ans officie dans le groupe de black metal symphonique Ordeathtral et a été remarqué dès la parution en 2014 de son premier roman, au titre radical: Nous sommes tous morts. Après ce huis-clos fantastico-gore à cannibales sur un bateau, ce passionné de jeux vidéo « parental advisory » fait aujourd’hui exploser le compteur de l’horreur avec le bref et intense Camisole (Rivages), ou les mésaventures d’un comptable se retrouvant dans un hôpital psychiatrique, dont les patients ont massacré tout le personnel… Et à l’auteur d’aborder avec scalpel (et autres instruments tranchants) bien des tabous. La rencontre Chaos s’imposait naturellement avec ce garçon, qui a découvert la littérature grâce à un prof nommé M. Romero!

Quel est votre rapport au cinéma?
Salomon de Izarra: Un rapport tout sauf critique, carrément dilettante – rien de sérieux, donc. Je suis incroyablement bon public, et pour peu qu’un film me divertisse en conservant tout son sens, je suis prêt à le suivre. De base, je n’attends pas la même chose d’un film que d’un livre : le dernier doit me frapper quand je n’attends du premier qu’un divertissement et de quoi nourrir mon univers fictionnel. Heureusement, la plupart du temps, le cinéma remplit admirablement toutes ces fonctions.

Vous souvenez-vous du premier film que vous avez vu? Si oui, lequel?
Salomon de Izarra: Je me rappelle surtout des dessins-animés, dont j’étais un gros consommateur. C’est donc avec Richard au pays des livres magiques, Little Nemo et Le Petit Dinosaure que j’ai eu mes premiers émois.

Quels sont les films qui ont marqué votre parcours de cinéphile par leur intensité, par des séquences précises ou par la simple force des images ?
Salomon de Izarra: La trilogie du Seigneur des Anneaux, qui, par son aspect dantesque, m’a mis une terrible gifle. J’ai également été marqué par les trois premiers films de la saga Die Hard, Inception et La Liste de Schindler.

Un film qui a failli vous faire quitter une salle ou la fait pour de bon ?
Salomon de Izarra: Aucun.

Un film que vous n’aviez pas envie de voir et qui a été une révélation ?
Salomon de Izarra: Dredd. Étant donné qu’en France il est sorti directement en DVD, je m’attendais presque à un nanar et l’ai regardé sans la moindre attente. Finalement, j’ai eu une énorme surprise : c’est l’un des meilleurs films d’action que j’ai pu voir. Tout y est bon, parfaitement équilibré, du jeu des acteurs au scénario simple sans être simpliste. Et les scènes d’action sont à la fois extrêmement sales, violentes et très esthétiques.

Est-ce que, dans votre parcours de cinéphile, il y a eu un « avant » et un « après » un film ?
Salomon de Izarra: Les Deux Tours, que j’étais allé voir au cinéma un hiver avec mon grand frère. La bataille du gouffre de Helm fut un moment inoubliable.

Le film que vous emmenez sur une île déserte ?
Salomon de Izarra: Je ne pense pas en avoir un particulier.

En 2050, pensez-vous que l’on fera encore du cinéma ?
Salomon de Izarra: Je l’espère vivement. Avec toutes les nouvelles technologies au service du cinéma (la 3D, le numérique qui devient de plus en plus réaliste – même s’il ne remplacera jamais de vrais cascades et effets spéciaux, comme sur Mad Max Fury Road), il a encore de quoi repousser ses frontières et perdurer… c’est une industrie toujours florissante et tant que des réalisateurs auront suffisamment d’imagination pour nous faire rêver et réfléchir, elle durera et perdurera.

Votre dernier coup de cœur (le dernier film vu et aimé) ?
Salomon de Izarra: Crimson Peak de Guillermo Del Toro. Un film qui oscille entre l’horreur et le fantastique avec une trame honnête, de très bons acteurs (mention spéciale pour Tom Hiddleston que j’apprécie de plus en plus) et, surtout, l’aspect visuel propre au réalisateur du Labyrinthe de Pan, extrêmement poétique, macabre, enfantin et dérangeant. Comme du Burton en plus original et plus inspiré.

QUIZ CHAOS DU CINEPHILE
Un film : Plutôt un jeu, tiens. Outlast (Red Barrels, 2013)
Un sourire : Di Caprio dans Gatsby (Baz Luhrmann, 2013), quand il tend une coupette sur fond de feu d’artifice.
Un regard : Alan Rickman dans Die Hard (John McTiernan, 1988), lors de sa chute finale.
Un acteur : Jake Gyllenhaal ou Cillian Murphy.
Une actrice : Gemma Arterton.
Un clown triste : Robin Williams.
Un début de film : Je vais encore tricher en optant pour un jeu vidéo ! J’hésite entre The Elder Scrolls III : Morrowind (Bethesda, 2002) et Legacy of Kain : Soul Reaver (Crystal Dynamics, 1999).
Une fin : Le Retour du Roi (Peter Jackson, 2003) et ses trois séquences finales.
Un coup de théâtre : Usual Suspects (Bryan Singer, 1995), avec l’identité de Keyser Söze
Une scène clé : American Beauty (Sam Mendes, 1999), lors du gros plan sur le cadavre du personnage de Kevin Spacey.
Une révélation : Dredd (Pete Travis, 2012).
Un gag : Le lapin tueur de Monty Python : Sacré Graal ! (Terry Gilliam et Terry Jones, 1975)
Un fou rire : Hot Fuzz (Edgar Wright, 2007)
Un film malade : L’Antre de la folie (John Carpenter, 1994)
Un rêve : Little Nemo (Masami Hita et William T. Hurtz, 1989)
Une mort : Cyrano de Bergerac joué par Depardieu (Jean-Paul Rappeneau, 1990).
Une rencontre d’acteur : Christian Bale, Hugh Jackman et Michael Caine dans Le Prestige(Christopher Nolan, 2006).
Une scène de cul : Toutes celles, interminables et mal jouées de The Room, le pire nanar du monde (Tommy Wiseau, 2003).
Un plan séquence : The Master (Paul Thomas Anderson, 2012), dans lequel Joaquin Phoenix ne doit pas fermer les yeux.
Un choc : La mort de L dans le manga Death Note (Shusuke Kaneko, 2006).
Un artiste sous-estimé : Ben Affleck.
Un traumatisme : La scène de la bouteille dans Le Labyrinthe de Pan (Guillermo Del Del Toro, 2006).
Un gâchis : Time Out (Andrew Niccol, 2011)
Un souvenir de cinéma qui hante : Les apparitions du maître des cauchemars dans Little Nemo.
Un film français : Un Français (Diastème, 2015), pour la performance d’Alban Lenoir.
Un réalisateur : Steven Spielberg.
Allez, un second : Neill Blomkamp.
Un fantasme : Ben, on va encore se tourner du côté des jeux vidéo. Ca serait un nouvel épisode de la saga Legacy of Kain ou, moins modestement, une adaptation de mes bouquins !)
Un baiser : euh…
Une bande son : 28 Jours plus tard (Danny Boyle, 2003).
Une chanson pour le cinéma (et qui n’apparait dans aucun film) : Die Letze Fuge Vor Der Flucht d’As Light Dies.
Une chanson de cinéma (et qui n’a jamais été mieux qu’au cinéma) : le thème de Requiem for a Dream de Clint Mansell par le Kronos Quartet (Darren Aronofsky, 2000).
Un somnifère : 50 nuances de Grey (Sam Taylor-Johnson, 2015). Il est si vide qu’il n’y a même pas matière à s’en moquer.
Un frisson : La scène du chenil dans The Thing (John Carpenter, 1982)
Un monstre : Il n’y a rien de pire que celui de l’incroyable film It Follows (David Robert Mitchell, 2014)
Un torrent de larmes : La fin de La Liste de Schindler (Steven Spielberg, 1993).

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