QUOI DE PLUS CHAOS QUE PIERRIC BAILLY? Vous en connaissez beaucoup, des écrivains qui portent la casquette? C’est le cas de l’un des meilleurs espoirs de la littérature nationale – l’un des plus Chaos, aussi… Révélé en 2008 avec Polichinelle et adoubé trois ans plus tard avec le fabuleux Michael Jackson, le Jurassien – désormais Lyonnais – Pierric Bailly a su imposer un ton unique, à la fois ancré dans le réalisme le plus contemporain et virant volontiers dans le délire néo-lynchien. Il nous fait aujourd’hui découvrir, dans L’Étoile du Hautacam (P.O.L.), le quotidien d’un homme un peu paumé soudain propulsé dans une étrange village situé en haut d’une tour à quinze kilomètres d’altitude. Une fable sérieusement barrée, autant sociale que poétique et bourrée de références cinéphiliques. Chaos? Et comment!

Quel est votre rapport au cinéma ?
Je suis tombé dedans grâce au cinéma Le Renoir, à Lons-le-Saunier, sans ça je serais définitivement un pauvre type.

Vous souvenez-vous du premier film que vous avez vu? Si oui, lequel?
Taram et le Chaudron magique (Richard Rich & Ted Berman, 1985), sur une télé noir et blanc toute pourrie.

Quels sont les films qui ont marqué votre parcours de cinéphile par leur intensité, par des séquences précises ou par la simple force des images?
Les films d’Alfred Hitchcock, que je regardais au début de l’adolescence en croyant voir des films d’horreur, j’en étais fier, je me prenais pour un dur, je ne me rendais pas compte que ce n’était plus trop dans le goût de l’époque, et encore moins qu’il s’agissait du pape de la cinéphilie mondiale.

Un film qui a failli vous faire quitter une salle ou la fait pour de bon?
Le monde ne suffit pas (Michael Apted, 1999). Un James Bond à la con de la fin des 90’s. J’étais au lycée et j’avais voulu faire mon rebelle, j’étais sorti en claquant la porte, histoire de bien faire chier tous les abrutis qui prenaient leur pied.

Un film que vous n’aviez pas envie de voir et qui a été une révélation?
Un vieil a priori sur Sergio Leone, ce qui en a retardé ma découverte. Fallait vraiment être con, hein.

Est-ce que, dans votre parcours de cinéphile, il y a eu un «avant» et un «après» un film?
Je me suis fait caresser par un vieux pervers devant Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick, 1999). Après ça, je ne me suis plus jamais assis à côté d’un vieux au cinéma.

Le film que vous emmenez sur une île déserte?
Koyaanisqatsi (Godfrey Reggio, 1983), comme un album-souvenir.

En 2050, pensez-vous que l’on fera encore du cinéma?
Y’a intérêt mon gars !

Votre dernier coup de cœur?
Fils de (HPG, 2014), que j’ai offert en DVD à ma femme pour Noël.

QUIZ CHAOS DU CINEPHILE
Un film: Freaks (Tod Browning, 1932)
Une histoire d’amour: Les Temps modernes (Charlie Chaplin, 1936)
Un sourire: Kate Hudson dans Presque célèbre (Cameron Crowe, 2000)
Un regard: Le hibou du logo de la maison de production Argos Films
Un acteur: Julien Carette
Une actrice: Paulette Goddard
Un clown triste: Takeshi Kitano
Un début: Les Moissons du ciel (Terrence Malick, 1978)
Une fin: La Jetée (Chris Marker, 1962)
Un générique: Gummo (Harmony Korine, 1997)
Une scène clé: L’Étrange Vice de madame Wardh (Sergio Martino, 1971)
Un plaisir coupable : Very Bad Trip (Todd Phillips, 2009)
Une révélation : Quentin Dupieux
Un gag : sur la plage dans Sonatine (Takeshi Kitano, 1993)
Un fou rire : le concours de dessin dans Microbe et Gasoil (Michel Gondry, 2015)
Un film malade : Driller Killer (Abel Ferrara, 1979)
Un rêve : Fitzcarraldo (Werner Herzog, 1982)
Une mort : Robocop
Une scène de cul : dans Ken Park (Larry Clark, 2003), quand il lèche la mère de sa copine
Un silence : Gravity (Alfonso Cuarón, 2013)
Un choc : L’Apprenti (Samuel Collardey, 2008)
Un artiste sous-estimé : Marilyn Monroe
Un traumatisme : Rambo
Un gâchis : A.I. (Steven Spielberg, 2001)
Un souvenir de cinéma qui hante : Le Grand bleu (Luc Besson, 1988)
Un film français : Le Passe-montagne (Jean-François Stévenin, 1978)
Un réalisateur : Werner Herzog
Allez, un second : Hayao Miyazaki
Un fantasme : Johnny Guitar (Nicholas Ray, 1954)
Un baiser : Génial, mes parents divorcent (Patrick Braoudé, 1990)
Une bande son : Rivière sans retour (Otto Preminger et Jean Negulesco, 1954) pour la chanson mais surtout pour la rivière
Une chanson pour le cinéma (et qui n’apparait dans aucun film) : Les feuilles mortes
Une chanson de cinéma (et qui n’a jamais été mieux qu’au cinéma) : My Rifle, My Pony and Me dans Rio Bravo
Un somnifère : Lincoln (Steven Spielberg, 2012)
Un frisson : Mario Bava
Un monstre : Une mouette
Un torrent de larmes : Clint Eastwood

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