Coucou! Il est minuit, et à minuit, à l’heure où le chaos règne, en attendant l’heure où blanchit la campagne, nous recevons un invité: l’écrivain PHILIPPE CLAUDEL!

QUOI DE PLUS CHAOS QUE PHILIPPE CLAUDEL? Un membre du jury Goncourt peut-il raisonnablement être CHAOS? En tous les cas, on peut toujours tenter de voir ce qu’il en est. Révélé au grand public avec le succès des Âmes grises (Prix Renaudot 2003) et du Rapport de Brodeck (Prix Goncourt des lycéens 2007), cet homme de lettres très populaire a toujours été un féru de cinéma. S’il enseigne le septième art – en particulier l’écriture scénaristique – à l’Université de Lorraine, il a aussi signé en tant que metteur en scène quatre longs-métrages (citons Il y a longtemps que je t’aime et Une Enfance). Auteur caméléon, celui qui siège aujourd’hui chez Drouant vient de faire paraître deux ouvrages étonnants et réussis: la curieuse suite borgésienne de micro-récits – De quelques amoureux des livres (Finitude) – et un récit sur la mort – L’Arbre du pays toraja (Stock). Pas tout ça: et si causait maintenant des plus beaux sur les seins de Romy, Phil’?

Quel est votre rapport au cinéma?
Philippe Claudel: Parfois sexuel, souvent sensuel, toujours sensible

Vous souvenez-vous du premier film que vous avez vu?
Philippe Claudel: Sans doute Le gendarme de Saint-Tropez

Quels sont les films qui ont marqué votre parcours de cinéphile par leur intensité, par des séquences précises ou par la simple force des images?
Philippe Claudel: Il était une fois dans l’Ouest, Citizen Kane, Sunset boulevard, To be or not to be, La dolce vita, Les choses de la vie, Vincent, François, Paul et les autres, César et Rosalie, La Notte

Un film qui a failli vous faire quitter une salle ou la fait pour de bon?
Philippe Claudel: Dernièrement, Mustang.

Un film que vous n’aviez pas envie de voir et qui a été une révélation?
Philippe Claudel: Into the wild.

Est-ce que, dans votre parcours de cinéphile, il y a eu un «avant» et un «après» un film?
Philippe Claudel: Oui, avec Citizen Kane.

Le film que vous emmenez sur une île déserte?
Philippe Claudel: Un coffret DVD avec To be or not to be, The shop around the corner et La mort aux trousses.

En 2050, pensez-vous que l’on fera encore du cinéma ?
Philippe Claudel: On ne sera qu’au tout début – en gros 150 ans d’existence: que reste-t-il des 150 premières années de la littérature après l’invention de l’écriture?

Le dernier film vu et aimé?
Philippe Claudel: Le dernier film a m’avoir fait une très forte impression est La grande Bellezza. Cela fait déjà deux ans, non?

QUIZ CHAOS DU CINEPHILE
Un film : Le prochain.
Une histoire d’amour : Raison et sentiments(Ang Lee, 1995)
Un sourire : Silvana Mangano, Romy, Charlotte Rampling.
Un regard : Charlotte Rampling, Romy.
Un acteur : Michel Piccoli.
Une actrice : Kristin Scott Thomas.
Un clown triste : Jean Lefebvre.
Un début : Citizen Kane (Orson Welles, 1941).
Une fin : Blade Runner (Ridley Scott, 1982).
Un coup de théâtre : Sixième sens (M. Night Shyamalan, 1999).
Un générique : Bien des génériques de Godard.
Une scène clé : La traque des mustangs dans The Misfits (John Huston, 1960).
Un plaisir coupable : Portier de nuit (Liliana Cavani, 1974).
Une révélation : Kristen Stewart dans Into the wild (Sean Penn, 1997).
Un gag : la 2CV explosée dans Le Corniaud (Gérard Oury, 1964).
Un fou rire : C’est arrivé près de chez vous (Rémy Belvaux et André Bonzel, 1992).
Un film malade : Tous les films de David Lynch, dans le bons sens de la maladie
Un rêve : L’Aventure de Madame Muir (Joseph L. Mankiewicz, 1947).
Une mort : celle de Michel Piccoli dans Les Choses de la vie (Claude Sautet, 1970)
Une rencontre d’acteur : Daniel Auteuil. très grand acteur.
Une scène de cul : la nudité devinée de Martine Carol ou de Michèle Mercier dans bien des films à costumes (transparents).
Une réplique: « Tu les trouves jolies mes fesses? Et mes seins, tu les aimes? Qu’est-ce que tu préfères, mes seins ou la pointe de mes seins? » Brigitte Bardot dans Le Mépris (Jean-Luc Godard, 1963)
Un silence : Le Chat (Pierre Granier-Deferre, 1971)
Un plan séquence : un incroyable plan-séquence dans Les Affranchis (Martin Scorsese, 1990), quand on est dans la rue et qu’on pénètre avec Ray Liotta et Lorraine Bracco dans un cabaret en passant par l’entrée de service. Un très beau plan-séquence aussi dans un film globalement très moyen: quand Piaf apprend la mort de Cerdan dans La Môme (Olivier Dahan, 2007). Magnifique idée et réalisation!
Un choc : Apocalypse now (Francis Ford Coppola, 1979), Alien (Ridley Scott, 1979).
Un artiste sous-estimé : Claude Sautet.
Un traumatisme : Nosferatu (Friedrich Wilhelm Murnau, 1922), vu pour la première fois vers douze ans. Trauma majeur et remarquable.
Un gâchis : Le remake de La Piscine – A Bigger Splash (Luca Guadagnino, 2015), le remake du Journal d’une femme de chambre (Benoît Jacquot, 2015), aussi. Il devrait exister des lois contre cela.
Un souvenir de cinéma qui hante : le film que Marilyn n’a pas pu tourner, les quelques scènes ou essais qui demeurent, dans la piscine.
Un film français : La Règle du jeu (Jean Renoir, 1939).
Un réalisateur : Charlie Chaplin
Allez, un second : Orson Welles
Un fantasme : Journal d’une femme de chambre (Luis Buñuel, 1964).
Un baiser : Les baisers chez Philippe Garrel
Une bande son : les bandes son de Godard, et plus haut encore, celles de Tati
Une chanson pour le cinéma (et qui n’apparait dans aucun film) : Surabaya Johnny de Weil/Brecht
Une chanson de cinéma (et qui n’a jamais été mieux qu’au cinéma) : Put the blame on Mame dans Gilda
Un somnifère : Winter sleep (Nuri Bilge Ceylan, 2014).
Un frisson : Shining (Stanley Kubrick, 1981)
Un monstre : King Kong (Merian C. Cooper et Ernest B. Schiedsack, 1933).
Un torrent de larmes : la mort de la mère de Bambi (David Hand et James Algar, 1942).

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