Coucou! Il est minuit, et à minuit, à l’heure où le chaos règne, en attendant l’heure où blanchit la campagne, nous recevons un invité: MICHAEL WALKER!

QUOI DE PLUS CHAOS QUE MICHAEL WALKER? On est en 2016 et on ne comprend toujours pas pourquoi Insomnies, premier film angoissant de Michael Walker, est à ce point passé à côté de son public. On ne comprend pas non plus pourquoi son auteur a attendu douze ans avant de réaliser un second long métrage, une petite comédie molle avec la géniale Parker Posey (Price Check, 2012) et une série B tendance Z (The Maid’s Room, 2013). A sa sortie, Insomnies laissait entrevoir une carrière plus prometteuse pour Michael Walker qui, sur cette première tentative, avait comme atouts de tourner vite (24 jours), d’être économe, de traduire beaucoup avec peu de moyens façon La maison du diable de Robert Wise (un plan fixe où il ne se passe rien, des bruits angoissants hors-champ et tout le monde hurle de peur), de filer les jetons en recyclant des artifices avec ingéniosité (le trou dans le mur, le plic-ploc des gouttes d’eau) sans jamais quitter la maison d’un homme à la recherche de sa femme. Tout y était à l’image de cette idée à la fois simple et géniale : mettre un acteur positif et lumineux comme Jeff Daniels, que l’inconscient cinéphile assimilait volontiers à La Rose Pourpre du Caireet à Dumb & Dumber dans un cauchemar éveillé. CHAOS. Et puis ça aussi…

Quel est votre rapport au cinéma?
Michael Walker: Séduit et abandonné. Je citerai Alec Baldwin car ce qu’il dit est totalement vrai : « L’industrie cinématographique est la pire amante, dans le sens où vous y revenez sans cesse. Et vous revenez pour recréer l’expérience que vous avez envie d’avoir. Vous revenez avec une autre chance de faire quelque chose que vous voulez faire. Vous êtes séduit et perdu, encore et encore et encore… »

Que préférez-vous au cinéma?
Michael Walker: Le cinéma peut être beaucoup de choses et ça m’ennuie vraiment quand les gens ont une seule définition. J’aime un cinéma visuel mais j’aime aussi un cinéma bavard. Je n’aime pas beaucoup les tendances au cinéma aujourd’hui mais je les appellerais quand même du cinéma. J’aime les films qui ressemblent à ceux qui les font, qui prennent leur pied, qui s’épanouissent dans leur créativité.

Le premier film que vous avez vu?
Michael Walker: Je pense que c’était Mary Poppins, mais je ne m’en souviens pas. En tout cas, Mary Poppins revient toujours.

Quels sont les films qui ont marqué votre parcours de cinéphile par leur intensité, par des séquences précises ou par la simple force des images?
Michael Walker: Delivrance. Amadeus. Le Corbeau. Weekend. Withnail et moi. Network. Tucker : L’homme et son rêve. Apocalypse Now. Taxi Driver. Hannah et ses soeurs. La Forteresse cachée. Le Trésor de la Sierra Madre. Plus fort que le diable. Robocop. Polyester. Green Snake. Repulsion.

Est-ce que, dans votre parcours de cinéphile, il y a eu un « avant » et un « après » un film ?
Michael Walker: Je me souviens avoir vu Stalingrad de Jean-Jacques Annaud (pas un film génial) et m’être fait la réflexion, en sortant de la salle, que je devrais être plus comme Nikita Khrouchtchev.

En 2050, pensez-vous que l’on fera encore du cinéma ?
Michael Walker: Non.

QUIZ CHAOS DU CINÉPHILE
Un film : Psychose
Une histoire d’amour : Annie Hall
Un sourire : La Machine à démonter le temps
Une vision : La Femme des sables
Un acteur : Humphrey Bogart
Une actrice : Parker Posey
Un début : Il était une fois en Amérique, Le Seigneur des anneaux : La Communauté de l’anneau
Une fin : Robocop
Un coup de théâtre : Quand le corps n’est plus dans la piscine dans Les Diaboliques
Une scène clé : Le concert dans Shine
Un plaisir coupable : Ce serait prétentieux…
Un film malade : Y a-t-il un flic pour sauver la reine ?
Un rêve : Les Contes de la lune vague après la pluie
Une mort : Celle de Mrs Mulray dans Chinatown
Une rencontre d’acteur : Michael Caine et Sean Connery dans L’Homme qui voulut être roi
Une scène de cul : N’importe quelle scène de Sailor et Lula
Une réplique:I thought you were finished with doing weird stuff” “I thought I was too. But I guess I’m not.” dans Le Festin Nu de David Cronenberg
Un silence : 2001, l’Odyssée de l’espace
Un artiste sous-estimé : John Waters
Un film français : Les diaboliques
Un traumatisme : Geena Davis regardant Jeff Goldblum devenir La Mouche pour David Cronenberg
Un gâchis : Hollywood aujourd’hui.
Un réalisateur : John Huston
Allez, un second : Roman Polanski
Une bande son : Le Bon, la Brute et le Truand
Une chanson de cinéma (et qui n’a jamais été mieux qu’au cinéma) : Moon River dans Diamants sur Canapé
Un baiser : Grace Kelly embrassant James Stewart dans Fenêtre sur cour
Un frisson : Shining
Un monstre : Freddy Kruger
Un torrent de larmes : Die Hard

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