QUOI DE PLUS CHAOS QUE BENOIT MINVILLE? Bonne nouvelle pour tous ceux qui ont été traumatisé par les péquenots déviants du Canicule d’Yves Boisset (adapté d’un bon Jean Vautrin) : le grand polar campagnard est de retour – en librairies, tout du moins. Avec son premier roman – l’excellent Rural noir (Gallimard/Série noire), le tatoué Benoît Mionville a parfaitement réussi à transposer dans la campagne nivernaise les règles du noir redneck à la Joe R. Lansdale (Cold in July – Juillet de sang -, c’était lui!). Pas de Victor Lanoux en roue libre ou de Miou-Miou libérée, mais des personnages vrais et revêches ancrés dans le quotidien d’un coin souvent oublié aussi bien par le cinéma que par les autorités politiques ou économiques. No Délivrance, ni Jean-Pierre Pernaut, l’univers de Minville sonne juste, touche, dérange – sans pour autant oublier de raconter une véritable histoire et de signer un bon opus de genre, avec son lot de référence à la culture VHS white trash. Une petite discussion Chaos s’imposait, entre deux Kro tièdes.

Quel est votre rapport au cinéma ?
Benoît Minville: Viscéral. Je suis un produit des 80/90’s et de la culture pop «cheesy», j’ai traversé les années Vidéo futur en me nourrissant de cinéma populaire, en découvrant les classiques et les chefs d’œuvres, les nanars, le cinéma de genre. J’aime le cinéma pour tout ce qu’il apporte à mon imaginaire et je suis particulièrement dingue de ce que l’on appelle la culture «Rockyrama». En référence au meilleur fanzine de l’univers.

Vous souvenez-vous du premier film que vous avez vu ? Si oui, lequel ?
Benoît Minville: Mon tout premier souvenir de cinoche c’est Indiana Jones et la dernière croisade, incroyable.En revanche le premier souvenir de cinoche qui a réellement changé ma vie date de l’été 92 dans le petit cinéma de Nevers : Terminator 2 de James Cameron. Quand le pied du T800 écrase le crâne dans le premier plan je me souviens encore aujourd’hui de ce que j’ai ressenti. Ce film c’est Edouard Furlong avec son t-shirt Public Enemy, Gun’s and Roses et son You could be mine en fond, c’était nous, la jeunesse des 90’s embarqué dans le plus grand film de tous les temps.

Quels sont les films qui ont marqué votre parcours de cinéphile par leur intensité, par des séquences précises ou par la simple force des images ?
Benoît Minville: Die Hard, la scène de la salle de bain, l’anti Sly et Shwarzy qui lâche rien. Les marches de Rocky. L’Arme fatale, le regard de Mel Gibson. La Vie est belle de Capra me bouleverse à chaque fois. La scène des pièces dans Stand by me. Les Goonies. Les Vacances de Hulot. La Grande vadrouille. Évidemment L’Empire contre-attaque et une bonne partie des Spielberg. La scène de braquage de Heat. Mud de Jeff Nichols et Les Géants de Bouli Lanners, comme si on avait sondé mon cerveau et mis sur toile tout ce que je rêvais de voir et de faire. Il y a tant de merveilles…

Un film qui a failli vous faire quitter une salle ou la fait pour de bon ?
Benoît Minville: La Vie est belle de Roberto Benigni, pas à cause du film bien au contraire, mais parce qu’avec des potes on avait profité de la Fête du cinéma pour le voir dans une toute petite salle parisienne. C’était comble et ils avaient installé des tabourets très près de l’écran. Voir ce film à quelques centimètres de la toile avec la nuque contorsionnée a failli avoir raison de nous. Nous avons donc doublement eu les yeux rouges à la fin.

Un film que vous n’aviez pas envie de voir et qui a été une révélation ?
Benoît Minville: Je ne connaissais pas du tout les frères Coen et en 98 un pote m’a emmené voir The Big Lebowski. J’avoue y être allé un peu à reculons. Ce film est aujourd’hui dans mon top 10, m’a ouvert à leur cinéma et est devenu plus culte à mes yeux que le cinoche de Tarantino. C’est l’un des films qui a le plus marqué ma vie.

Est-ce que, dans votre parcours de cinéphile, il y a eu un «avant» et un «après» un film ?
Benoît Minville: Très souvent. Terminator 2. Rocky. The Breakfast club. Stand by me. Mud.

Le film que vous emmenez sur une île déserte ?
Benoît Minville: Stand by me de Rob Reiner.

En 2050, pensez-vous que l’on fera encore du cinéma ?
Benoît Minville: Je l’espère et il le faut. Les séries-TV c’est bien, il y a des chef d’œuvres, mais l’expérience d’un film au cinéma c’est tout de même autre chose.

Votre dernier coup de cœur (le dernier film vu et aimé) ?
Benoît Minville: La Tête haute d’Emmanuelle Bercot. Éprouvant et nécessaire.

QUIZ DU CINÉPHILE
Un film : Die Hard (John McTiernan, 1988).
Une histoire d’amour : In the mood for love(Wong Kar-wai, 2000)
Un sourire : Nathalie Portman
Un regard : River Phoenix
Un acteur : Leonardo DiCaprio.
Une actrice : Jennifer Lawrence
Un clown triste : Bill Murray
Un début : Terminator 2 (James Cameron, 1991)
Une fin : Fight club (David Fincher, 1999)
Un coup de théâtre : Usual suspects (Bryan Singer, 1995)
Un générique : Seven (David Fincher, 1995)
Une scène-clé : Le flash-back de Il était une fois dans l’Ouest (Sergio Leone, 1968) ou l’on comprend les motivations de Bronson.
Un plaisir coupable : Grease (Randal Kleiser, 1978)
Une révélation : Les Géants (Bouli Lanners, 2011)
Un gag : La scène de la douche dans Le Corniaud (Gérard Oury, 1964)
Un film malade : Hostel (Eli Roth, 2005)
Un rêve : Celui du dude dans The Big Lebowski (Joel Coen, 1998)
Une mort : Mel Gibson dans Braveheart (Mel Gibson, 1995)
Une rencontre d’acteurs : De Niro et Al Pacino dans Heat (Michael Mann, 1995).
Une scène de cul : Tout dans Basic Instinct (Paul Verhoeven, 1992).
Une réplique: «Yippie ki yeah, Motherfucker» dans Piège de cristal.
Un silence : Les Affranchis (Martin Scorsese, 1990). Joe Pesci face à Ray Liotta.
Un plan séquence : Hard boiled (John Woo, 1992). La scène de l’hôpital.
Un choc : Whiplash (Damien Chazelle, 2014)
Un artiste sous-estimé : Felix Moati.
Un traumatisme : La fin de La Planète des singes (Franklin J. Schaffner, 1968).
Un gâchis : Tous les reboots – sauf Mad Max Fury Road (George Miller, 2015).
Un souvenir de cinéma qui hante : La première scène d’Il faut sauver le soldat Ryan (Steven Spielberg, 1998)
Un film français : Les 400 coups (François Truffaut, 1959)
Un réalisateur : Steven Spielberg.
Allez, un second : Richard Donner.
Un fantasme : L’adaptation de Marécages de Joe R. Lansdale
Un baiser : Les Goonies (Richard Donner, 1985).
Une bande son : Pulp fiction (Quentin Tarantino, 1994)
Une chanson pour le cinéma (et qui n’apparait dans aucun film) : Thunderstruck de AC/DC.
Une chanson de cinéma (et qui n’a jamais été mieux qu’au cinéma) : Dragula de Rob Zombie dans Matrix (Larry et Andy Wachowski, 1999).
Un somnifère : Transformers 1,2,3,4
Un frisson : Conjuring : Les Dossiers Warren (James Wan, 2013)
Un monstre : Leatherface.
Un torrent de larmes : Titanic (James Cameron, 1997).

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