Coucou! Il est minuit, et à minuit, à l’heure où le chaos règne, en attendant l’heure où blanchit la campagne, nous recevons un invité: ANTOINE BUENO

QUOI DE PLUS CHAOS QUE ANTOINE BUENO? On peut être centriste et comique. Telle est la performance réalisée par Antoine Buéno, garçon inclassable qui a fait parler de lui pour plusieurs raisons. Révélé en 2000 avec un premier ouvrage – publié par Philippe Sollers chez Gallimard -, L’amateur de lubérines -, ce chargé de mission au Sénat a également signé des titres aussi variés que la fresque d’anticipation Le Soupir de l’immortel, le pamphlet potache Le Petit livre bleu (sur le totalitarisme des Schtroumphs) ou la fable Le Maître bonsaï. Fondateur du Prix du Style, il a maintenant choisi de monter sur les planches avec un seul en scène particulièrement acide, Antoine Buéno l’espoir (prochainement de retour dans un théâtre), dans lequel il passe pêle-mêle à la moulinette religion, économie ou politique en se moquant des “dealers d’espoir”. Cet improbable fils spirituel de François Bayrou et de Pïerre Desproges en profite pour faire son coming-out: celui d’un amoureux des nanars. Questions Chaos, réponses Modem.

Quel est votre rapport au cinéma ?
Antoine Buéno: Essentiel. C’est presque mon seul loisir.

Vous souvenez-vous du premier film que vous avez vu ? Si oui, lequel ?
Antoine Buéno: Difficilement… Je me souviens de films que j’ai vu jeune, voire très (trop ?) jeune et qui m’ont marqué : Kramer contre Kramer, Que la bête meure, Gremlins, The Thing, Freaks… Des films monstrueux quoi.

Quels sont les films qui ont marqué votre parcours de cinéphile par leur intensité, par des séquences précises ou par la simple force des images ?
Antoine Buéno: 2001, Odyssée de l’espace, Full metal jacket, Bienvenue à Gattaca, Magnolia, Le Retour du Jedi

Un film qui a failli vous faire quitter une salle ou la fait pour de bon ?
Antoine Buéno: Dancer in the dark. Peut-être la seule fois que je suis sorti avant la fin du film. A la fois pour la forme et le fond. La mièvrerie dégoulinante du fond. La caméra subjective pour la forme. Je ne supporte pas, cela me donne physiquement la nausée.

Est-ce que, dans votre parcours de cinéphile, il y a eu un « avant » et un « après » un film ?
Antoine Bueno: Oui, un avant et un après Gummo.

Le film que vous emmenez sur une île déserte ?
Antoine Bueno: 2001, Odyssée de l’espace.

En 2050, pensez-vous que l’on fera encore du cinéma ?
Antoine Bueno: Oui, comme on fera encore de la littérature. Mais le cinéma commencera peut-être à être supplanté par les univers virtuels.

Votre dernier coup de cœur (le dernier film vu et aimé) ?
Antoine Bueno: Victoria (dans lequel je joue !).

QUIZ DU CINÉPHILE
Un film : 2001, L’Odyssée de l’espace (Stanley Kubrick, 1968)
Une histoire d’amour : Eternal sunshine of the spotless mind (Michel Gondry, 2004)
Un sourire : La dernière image de Magnolia (Paul Thomas Anderson, 1999)
Un regard : Celui d’ET (Steven Spielberg, 1982)
Un acteur : Jack Nicholson dans Shining (Stanley Kubrick, 1981)
Une actrice : Romy Schneider dans Le Vieux fusil (Robert Enrico, 1976)
Un début : R2D2 et 6PO dans le désert au début du Retour du Jedi (Richard Marquand 1983)
Une fin : Celle de La Planète des singes (Franklin J. Schaffner, 1968)
Un coup de théâtre : Celui de M le maudit (Fritz Lang, 1931)
Un générique : Celui de Barry Lyndon (Stanley Kubrick, 1975)
Une scène de cul : le gokkun d’Anabolic gangbang 23
Une réplique: «Ces humains sont si bêtes que ça les rend imprévisibles» Diana dans la série V(Kenneth Johnson, 1983)
Un choc : La Route (John Hillcoat, 2010)
Un traumatisme : Nuit et brouillard (Alain Resnais, 1956)
Un gâchis : Dune (David Lynch, 1984), évidemment.
Un souvenir de cinéma qui hante : Le vieux en fauteuil roulant défenestré dans Le Pianiste (Roman Polanski, 2002)
Un film français : Victoria (Justine Triet, 2016), fatalement.
Un réalisateur : Stanley Kubrick, comme vous l’avez compris.
Allez, un second : Disons Quentin Tarantino
Un fantasme : American Beauty (Sam Mendes, 1999)
Un baiser : Le Baiser de la femme araignée (Hector Babenco, 1985)
Une bande son : The Rocky Horror Picture Show (Jim Sharman, 1975)
Une chanson pour le cinéma (et qui n’apparait dans aucun film) : Icon de Daan
Une chanson de cinéma (et qui n’a jamais été mieux qu’au cinéma) : Le Tourbillon de la vie dansJules et Jim (François Truffaut, 1962)
Un somnifère : La Dolce vita (Federico Fellini, 1960)
Un frisson : Requiem for a dream (Darren Aronofsky, 2000)
Un monstre : Alien (Ridley Scott, 1979)
Un torrent de larmes : La liste de Schindler (Steven Spielberg, 1993)

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