“L’image fantôme”, making-of passionnant sur le tournage du “Ghostland” de Pascal Laugier

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Visible sur la plateforme de vod Univers Ciné, le making-of du tournage du Ghostland de Pascal Laugier vaut le coup d’oeil.

Que vous soyez admiratif ou détracteur de l’œuvre de Pascal Laugier, aspirant réalisateur, cinéphile ou simple curieux, ce long making of vous plongera comme si vous y étiez au coeur d’un tournage musclé et poétique où les monstres sont pleins de doutes et les actrices en totale maîtrise. Retraçant de manière quasi chronologique le tournage de Ghostland, Thierry Sausse va axer son regard principalement sur Pascal Laugier (et les voix off sur ceux qui l’accompagnent). On y voit le réal douter, prendre du recul, s’impatienter, demander à ses actrices d’exprimer des émotions très fortes qu’il cherche par leurs biais à expulser de sa tête afin de les capturer avec la caméra.

Craignant plus que tout que son film ne véhicule rien, aucune sensation, aucun sentiment, Laugier pousse ses visions au-delà de la bienséance qui l’emmerde par-dessus tout. C’est sûrement pour cela qu’il divise autant, qu’il met le spectateur et parfois même sa propre équipe technique dans l’inconfort. Cette peur, ces doutes, l’entrainent dans une recherche artistique métaphysique et quasi absolue. La possibilité d’aller le plus loin possible dans la captation d’un univers cruel et suffoquant ou les rares bouffés d’oxygènes ne durent pas suffisamment longtemps pour permettre au spectateur d’émerger de son état de terreur. Rares sont ceux qui osent aller aussi loin et rares sont ceux qui ne dévient pas un instant du nihilisme de leur vision, par crainte de se faire taxer de taré ou fachos par une certaine audience n’ayant rien compris ou ne voulant/pouvant pas comprendre.

Voir alors toute une équipe réunie autour de lui et tachant malgré les aléas de la météo et autres soucis techniques de rendre tangible son cauchemar a quelque chose de paradoxalement doux et réconfortant. Tous ces talents comprennent qu’ils sont au service de quelque chose qui les dépasse un peu. Ils seront au final récompensés par leurs efforts communs et par les écorchures physiques et mentales qui rythmeront les sept semaines de tournage. Rappelons aux esprits chagrins que Ghostland, tout comme les précédents films du cinéaste (Saint Ange, Martyrs, The Secret), sont des œuvres avant tout fragiles et tristes, imbibées d’un parfum romantique et européen. On espère que le futur donnera à son réalisateur l’occasion d’exprimer ses idées noires sur son sol. En attendant, on vous conseille de revoir le film puis de visionner L’image fantôme. Le titre faisant référence à un passage de 2001 l’odyssée de l’espace qui hante le réalisateur. Parmi les nombreuses surprises que ce doc referme, l’information la plus touchante à retenir s’avère que seul Pascal Laugier n’est pas encore convaincu de l’impact de son travail dans l’histoire du cinéma de genre. G.C.

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