On a vu le futur, il s’appelle Lil Miquela

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Alors que la France se prépare au déconfinement et que le monde de la culture souffre de la crise, un nouveau chapitre se prépare dans un futur Hollywood Babylone. Car, non, il n’y a pas qu’au chaos qu’on aime les robots (Queen Valérie!), la grande famille du cinéma devrait prochainement s’enticher d’eux comme n’importe quel Brad Pitt et remplacer toutes ses stars aux salaires indécents et aux caprices intolérables par des avatars corvéables à l’envi. Après tout, à quoi prendre des cours de comédie lorsqu’on a des robots malléables? Puis, après les stars de cinéma, viendront le tour des autres métiers: scénariste, producteur, scripte, monteur… et les spectateurs? Tous robots?

Ainsi, comme le révèle un article effrayant du site No Film School, un avant-goût flippant du futur a été amorcé par la CAA (Creative Artists Agency), la plus grosse agence d’artistes à Hollywood ayant signé Adèle Haenel il y a quelques mois. Figurez-vous qu’elle vient juste d’embaucher Lil Miquela, mannequin mi-brésilien mi-espagnol de 19 ans, artiste musical, influenceuse avec plus d’un million de followers sur Instagram… Derrière cette créature aux lèvres pulpeuses et au visage constellé de taches de rousseur, se cache une femme robote, entièrement générée par ordinateur (comme Valou, oui oui). Un avatar manufacturé sur un logiciel d’imagerie 3D par deux américains, Trevor McFedries et Sara DeCou en 2016 travaillant pour Brud, une start-up située à Los Angeles, spécialisée dans l’intelligence artificielle et la robotique. Plus de talents et d’ego à gérer, des possibilités créatives démultipliées, un peu comme au temps de Hatsune Miku, cette chanteuse japonaise à couettes turquoise à la voix générée par un logiciel Yamaha, ayant cartonné en 2006. Mais Lil Miquela est plus ambitieuse, créée de toute pièce pour devenir la première influenceuse virtuelle de l’histoire, programmée pour parodier les normes sociales à l’œuvre sur les réseaux sociaux et les faire changer. Et ça marche… Lancée sur Instagram en avril 2016, elle compte aujourd’hui 2,2 millions de followers, plus près de 550 000 sur TikTok et logiquement, intéresse grandement notre société d’images. On se croirait presque dans The Neon Demon de Nicolas Winding Refn.

Accrochez-vous donc: selon Variety, CAA travaillera avec Miquela dans tous les domaines: la télévision, le cinéma et la pub, ce qui ouvre d’ailleurs la perspective d’un film ou d’une émission mettant en vedette le personnage. Adieu les Karda. William Morris Agency a par ailleurs confirmé qu’elle avait auparavant fait appel à Miquela en partenariat avec Brud. Caprice de star-pas assez cher mon fils: Miquela a donc quitté une agence pour une autre, pour la modique somme de on-ne-sait-pas; Brud ne laissant pas filtrer le moindre chiffre sur les collaborations de sa muse avec des marques. Toujours dans Variety, Brud continue en 2020 de mettre en avant les «capacités uniques» de Miquela en tant que personnalité virtuelle et chanteuse comme ayant «le pouvoir d’inspirer une nouvelle génération de divertissement». A la question «Miquela est-elle réelle?», la société dit qu’elle est «aussi réelle que Rihanna». En 2018, le magazine Time l’a nommée comme l’une des 25 personnes les plus influentes sur Internet.

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