Petite réussite un peu oubliée avec le temps, Les ruines mérite une petite remise en lumière.

PAR GUILLAUME CAMMARATA

À la base, Les Ruines est un roman de Scott Smith dont les droits furent rachetés par Ben Stiller (oui oui, le mec de Mary à tout prix); ce dernier décida de confier l’adaptation à son pote Carter Smith qui signe ici son premier long métrage. On aurait pu craindre que cette association chapeautée par Dreamworks n’accouche que d’un film d’horreur pour adolescents tout con, comme la décennie 2000 nous a si généreusement abreuvée. Que nenni! Nous avons affaire ici à l’une des propositions les plus malsaines, extrêmes et nihilistes qu’un studio américain puisse nous offrir.

Le film commence de manière extrêmement classique avec une exposition sommaire des personnages. Ils sont quatre (parmi eux, Jena Malone, la chaos girl de Donnie Darko et The Neon Demon et Shawn Ashmore, le X-men fayot). Jeunes, beaux, sexuels, ils acceptent de faire une excursion dans la jungle afin de visiter un temple Maya qui ne figure sur aucune carte. À ce stade, rien ne distingue le film d’une autre production horrifique lambda hormis une jolie mise en scène faisant la part belle aux plans générales shootés au cinémascope mettant en valeur la beauté du Mexique. Ce n’est qu’une fois arrivé au pied de l’étrange pyramide maya que s’enclenche le premier changement. Encerclés par des autochtones aussi agressifs que terrifi(ant)és, obligés de se réfugier au sommet du la sépulture, le groupe va rapidement comprendre qu’un autre danger bien plus terrifiant guette. Les choses sérieuses peuvent commencer.

On taira volontairement la vraie nature de la menace qui entoure nos protagonistes afin de ne pas gâcher la surprise à ceux qui n’auraient pas découvert l’œuvre. On peut juste dire que sa nature dénote fortement avec bon nombre de survival dans la jungle où l’on nous cantonne le plus souvent aux sempiternelles cannibales et autres créatures géantes. Prenant un malin plaisir à déjouer les attentes qu’on pourrait attendre dans ce genre de films (quasi aucun jump scare, ou d’attaques soudaines de la menace qui rode), le réalisateur prend le pari de faire ressentir le malaise et l’effroi de ce groupe pris au piège à ciel ouvert. Leurs personnalités s’affirmant à mesure qu’ils prennent conscience du pétrin dans lequel ils se trouvent et cela nous les rend de plus en plus attachants. On en vient à se prendre d’affection pour ce groupe et à souhaiter que les choses finissent par s’arranger, d’autant que l’interprétation est plutôt convaincante.

Et c’est là que Carter Smith, sans crier gare, nous balance à la gueule une décharge quasi continue d’horreur ultra graphique et organique convoquant le body-horror et le torture porn. Le travail sur les effets spéciaux et le maquillage ainsi que le son (le bruit de la chair charcutée, brrr) est stupéfiant. Vos dents risquent de grincer plus d’une fois, soyez prévenus. Petite réussite un peu oubliée avec le temps, Les ruines mérite une petite remise en lumière. Soit un film d’horreur populaire intelligent, extrême et réellement éprouvant.

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