Vous aimez le porno? Vous aimez le fantastique? Le miroir de Pandora, l’un des meilleurs Shaun Costello, est pour vous.

PAR JEREMIE MARCHETTI

Le porno façon Shaun Costello n’Ă©tait clairement pas connu pour sa tendresse et sa jovialitĂ©, le monsieur ayant baignĂ© (souvent non crĂ©ditĂ©) allĂ©grement dans le roughie. A la fin des annĂ©es 70, Costello raccroche pinces-tĂ©tons et harnais pour une virĂ©e vers un porno plus classique avec des titres comme Sunny, Hot Dreams ou Paradix. Et bien sĂ»r ce fameux Pandora’s Mirror, sans doute le plus original et le plus rĂ©jouissant du lot.

Veronica Hart, apprĂŞtĂ©e, taille la bavette dans Greenwich Village avec une pote plus intĂ©ressĂ©e par les fesses de ces messieurs. Toute l’attention de Pandora, elle, va se jouer sur un miroir d’antiquaire, qui stimule mystĂ©rieusement sa libido. ArrivĂ©e chez elle, elle s’empresse de se toucher sous la douche en imaginant ce qu’elle pourrait bien faire aux bodybuilders en crop top qui soulèvent des poids en bas de chez elle. Impossible toutefois d’acheter le miroir, dont le pouvoir – selon l’antiquaire – serait trop grand. Alors Pando revient tous les jours scruter l’objet du dĂ©sir, la plongeant dans des vies parallèles orgiaques. Dans un trip barrylindonesque, une servante se fait sauter dans le foin par des messieurs empressĂ©s; on passe un aprem torride durant les annĂ©es folles; on assiste Ă  des castings très osĂ©s Ă  Broadway oĂą l’on jouit au micro et l’on finit Ă  l’ère du disco, oĂą ça suce partout sur la piste. La rĂ©alisation de Costello n’a rien de renversante, mais la dynamique des saynètes fonctionnent du tonnerre.

Le rapiéçage musical, courant dans ce genre de productions, pourrait paraĂ®tre farfelu mais il tombe en rĂ©alitĂ© Ă  pic, et tout s’accorde avec classe. Le film dĂ©bute par exemple sur le main theme de Carrie signĂ© Pino Donaggio, un vol qu’on ne blâmera pas tant il convient parfaitement Ă  cette atmosphère de dĂ©sir fantĂ´me et volage. On retrouve plus loin le Ommadawn de Mike Oldfield (rock progressif et porno ça fait toujours bon mĂ©nage, non?) pour une montĂ©e des sens bienvenue dans un théâtre cul. Une ejac faciale sur Woman of Ireland paraĂ®t impensable, et pourtant ici c’est beau, ça marche. Costello souhaitait-il lâcher la bride d’un porno salo, ou Ă©tait-il juste blasĂ© de conclure un âge d’or? On ne sait pas vraiment, mais Pandora’s Mirror a indĂ©niablement quelque chose de rafraĂ®chissant. Après moult visions et voyages dans le temps, la Pandora du titre rĂ©alisera son fantasme, gaufrĂ©e par ses deux macho macho men… avant de rejoindre le miroir et ses fantĂ´mes qui l’attirent dans un monde de plaisir Ă©ternel pour la faire disparaĂ®tre Ă  jamais.

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