Vous aimez le porno? Vous aimez le fantastique? Le miroir de Pandora, l’un des meilleurs Shaun Costello, est pour vous.

Le porno façon Shaun Costello n’était clairement pas connu pour sa tendresse et sa jovialité, le monsieur ayant baigné (souvent non crédité) allégrement dans le roughie. A la fin des années 70, Costello raccroche pinces-tétons et harnais pour une virée vers un porno plus classique avec des titres comme Sunny, Hot Dreams ou Paradix. Et bien sûr ce fameux Pandora’s Mirror, sans doute le plus original et le plus réjouissant du lot.

Veronica Hart, apprêtée, taille la bavette dans Greenwich Village avec une pote plus intéressée par les fesses de ces messieurs. Toute l’attention de Pandora, elle, va se jouer sur un miroir d’antiquaire, qui stimule mystérieusement sa libido. Arrivée chez elle, elle s’empresse de se toucher sous la douche en imaginant ce qu’elle pourrait bien faire aux bodybuilders en crop top qui soulèvent des poids en bas de chez elle. Impossible toutefois d’acheter le miroir, dont le pouvoir – selon l’antiquaire – serait trop grand. Alors Pando revient tous les jours scruter l’objet du désir, la plongeant dans des vies parallèles orgiaques. Dans un trip barrylindonesque, une servante se fait sauter dans le foin par des messieurs empressés; on passe un aprem torride durant les années folles; on assiste à des castings très osés à Broadway où l’on jouit au micro et l’on finit à l’ère du disco, où ça suce partout sur la piste. La réalisation de Costello n’a rien de renversante, mais la dynamique des saynètes fonctionnent du tonnerre.

Le rapiéçage musical, courant dans ce genre de productions, pourrait paraître farfelu mais il tombe en réalité à pic, et tout s’accorde avec classe. Le film débute par exemple sur le main theme de Carrie signé Pino Donaggio, un vol qu’on ne blâmera pas tant il convient parfaitement à cette atmosphère de désir fantôme et volage. On retrouve plus loin le Ommadawn de Mike Oldfield (rock progressif et porno ça fait toujours bon ménage, non?) pour une montée des sens bienvenue dans un théâtre cul. Une ejac faciale sur Woman of Ireland paraît impensable, et pourtant ici c’est beau, ça marche. Costello souhaitait-il lâcher la bride d’un porno salo, ou était-il juste blasé de conclure un âge d’or? On ne sait pas vraiment, mais Pandora’s Mirror a indéniablement quelque chose de rafraîchissant. Après moult visions et voyages dans le temps, la Pandora du titre réalisera son fantasme, gaufrée par ses deux macho macho men… avant de rejoindre le miroir et ses fantômes qui l’attirent dans un monde de plaisir éternel pour la faire disparaître à jamais.

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