[LE BON APÔTRE] Gareth Evans, toujours aussi chaos chez Netflix?

Se rêvant le Wicker man de la génération Netflix, Le Bon Apôtre tente, ose, mais au final fatigue. Sorry, Gareth.

PAR GUILLAUME CAMMARATA

On l’attendait le retour de notre Gareth, on l’attendait même beaucoup trop. Le cinéaste surdoué de la camera qui après un The raid 2 incroyable de maitrise, de rage et de sang quitte son Indonésie d’adoption pour tourner un film d’horreur pour le compte de Netflix.

L’histoire suit un homme (Dan Stevens, remplumĂ© pour l’occasion) se rendant sur une Ă®le lointaine Ă  la recherche de sa sĹ“ur kidnappĂ©e par une secte. A la lecture de ce synopsis simple et clair comme de l’eau de roche, on est a priori plutĂ´t confiant, d’autant que quelques annĂ©es auparavant, aidĂ© de son acolyte non moins chaos Timo Tajhanto, le cinĂ©aste avait dĂ©livrĂ© un court mĂ©trage hallucinant Safe heaven dans lequel une Ă©quipe de tournage visitait un culte reculĂ© et en payait les consĂ©quences fâcheuses dans un crescendo d’horreur au final diabolique. Las, figurez-vous qu’ici, pas grand-chose ne fonctionne.

On part d’un film d’infiltration classique se dĂ©roulant dans une secte prĂ©sentĂ©e dès le dĂ©part comme pas bien sympathique. Ensuite, on plonge dans le fantastique pur par le biais d’une ancienne dĂ©esse mi-femme mi-buisson Ă  qui l’on fait boire du sang Ă  l’entonnoir pour qu’elle fasse pousser les plantations de l’île. Comme la vieille en a marre, elle ne fait plus rien fructifier et donc on kidnappe la sĹ“ur du hĂ©ros pour avoir une rançon. A cĂ´tĂ©, des sous intrigues en veux-tu en voilĂ , une romance secrète entre deux polissons destinĂ©e Ă  ĂŞtre dĂ©couverte pour servir de prĂ©texte Ă  la seconde partie du film qui se rĂ©vèlera ĂŞtre une succession de torture porn. Un trio de chefs de secte qui ne sait plus quoi penser et qui finira soit par se rebeller, soit par s’ériger en fanatique fou, soit par devenir gentil d’un coup d’un seul. Un hĂ©ros pas content qui cherche comme le spectateur Ă  comprendre ce qui se passe sur cette Ă®le de zozo. Entre temps, ça fait des rituels bizarres, ça explore des sous-terrains glauques oĂą la mĂŞme vieille mystique teigneuse vient se baigner dans un ruisseau de sang. On arrĂŞte lĂ  ?

Paye ton salmigondis abscons et dĂ©cousu: Le Bon ApĂ´tre souffre d’un trop-plein de rĂ©fĂ©rences allant du jeux vidĂ©o Ă  la mythologie et c’est hĂ©las trop bourratif, trop incongru dans ces alchimies pour faire corps et nous donner de nous exciter plus que de raison. Alors, oui, la libertĂ© garantie Ă  Gareth Evans par Netflix lui a permis de rĂ©aliser un dĂ©lire qu’il a très sĂ»rement du prendre plaisir Ă  tourner. On aimerait, la prochaine fois, qu’il pense Ă  ceux qui vont le regarder.

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