[LALLA MORTE] À la découverte du cinéma Chaos

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[BERTRAND MANDICO RÉDACTEUR EN CHEF] Lalla Morte, créature burlesque mystérieuse et mélancolique, s’exprime épistolairement au nom du Mandichaos.

TEXTE : LALLA MORTE / COLLAGE : BERTRAND MANDICO

« Cher Bertrand,

Lorsque tu m’as demandé d’écrire ce que m’inspire le cinéma chaos, je t’ai répondu que je n’avais aucune idée qu’une telle appellation existait, ni de ce à quoi elle faisait référence. Et puis, une semaine passant, je suis revenue sur la question et me suis sentie un peu idiote. En y réfléchissant bien, je me suis rendue compte que depuis de nombreuses années, voire toujours, le genre de cinéma qui me touche et m’attire est celui dont les films dépeignent des histoires étranges qui dérangent et bousculent ; celui dont la narration n’a ni queue ni tête, avec des images qui choquent et attirent tout à la fois.
 Un cinéma résolument décalé, hors normes, rempli de personnages qui évoluent dans un monde onirique sans filtres, avec des couleurs qui flashent ou des contrastes acérés au couteau, des tonalités qui éblouissent au point de déranger mais quand bien même empreint d’une poésie et une esthétique à couper le souffle. Ces films qui m’ont marquée et que je me plais à projeter à des heures innommables à tout curieux friand de nouvelles sensations, me permettent de voir sur leurs visages ce que j’ai moi-même pu ressentir la première fois que je les ai vus.

C’est vrai, je n’avais peut-être jamais entendu ce terme précis, mais j’affectionnais ce genre depuis bien longtemps. En effet, je peux dire que le cinéma chaos ou chaotique a toujours été une grande source d’inspiration pour moi. J’en tire en effet mes idées pour élaborer mes numéros de cabaret ou performances qui, selon les dires, surprennent par leur capacité à dérouter avec leur poésie à la fois sombre et éthérée.

Merci Guy Maddin, Dario Argento, Nikos Nikolaidis, Federico Fellini, Wojciech Has, David Lynch, Tinto Brass pour m’avoir donné les clés de ce monde ou sous-monde surréaliste, afin que je puisse y puiser à l’infini.

Et puis il y a toi Bertrand, je t’ai découvert sur le tard, il est vrai. Lorsque tu m’as proposé de travailler avec toi via notre chère Pauline, ton travail, ton univers m’ont tout de suite fait comme un doux effet de «Déjà vu».

En effet, tes références cinématographiques puis ces images provenant de tes films me procuraient une sensation de reconnaissance. Je savais de quoi tu parlais, je me sentais à nouveau transportée dans un monde qui m’était familier et avec lequel je pouvais communier. Cela a été une évidence pour moi qu’il fallait que je fonce, les yeux fermés. Alors merci à toi aussi Bertrand Mandico.
Merci de perpétuer cet art et contribuer à ce cinéma qui, je l’espère, ne mourra jamais » L.M.

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