“La révélation” de Alain Lavalle en Blu-ray: pour les beaux yeux de Olga Georges-Picot

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La révélation de Alain Lavalle trainait la réputation d’un film totalement disparu, qui n’a jamais connu d’autres exploitations que celle des cinémas de quartier français. Les pervers feraient mieux de décamper pour laisser passer les cinéphiles curieux (l’un n’empêche pas l’autre, remarquez): légèrement sensuel, La révélation n’a pas vocation à étaler vices et sévices sur grand écran. Les plus aventureux y reconnaîtront la somptueuse Olga Georges-Picot, l’amour (é)perdu de Claude Rich dans Je t’aime je t’aime, et camarade de jeux dangereux dans Glissements progressifs du plaisir. L’actrice incarne ici Claire, une mère au foyer entièrement occupée par sa vie de famille, subitement engloutie par quelques jours de solitude. Entraînée par une ami dévergondée en mood MLF de la fesse, elle fait la rencontre d’un styliste qui l’entraîne pour un long week-end d’adultère.

Relativement chaste et peu mouvementé, La révélation évoque pourtant les délicieux dommages collatéraux de la révolution sexuelle, en particulier sur ses mères abandonnées trop jeune à leur triste sort. Un instant suspendu pour une redécouverte du plaisir, chabadabada de Danielle Licari inclus. Sa conclusion très morale aura beau paraître vieillotte, son invitation à une redéfinition du couple n’est pas tant que cela dénuée en raison: plus franc lorsqu’il s’invite sous le draps, La révélation ressemble à s’y méprendre à une relecture féminine de L’amour l’après-midi de Eric Rohmer, Il n’y a évidemment pas le verbe du maître des contes moraux certes, mais le regard profondément inquiet de Olga Georges Picot a quelque chose qu’on oublie pas… La révélation sonne également le début pour l’éditeur d’une collection à petit prix, disant adieu au boîtier carton et accessoirement à l’UHD, pour des petits films bien moins connus. Cela n’empêche pas un traitement bien entendu à la hauteur, avec une copie d’une précision diabolique, restituant des couleurs pop divines, en particulier lors des séquences dans l’appartement de la délurée Gisèle, dont le mariage du bleu et du blanc flatte indéniablement la rétine.

Dans les bonus, en plus d’une présentation un brin taquine, c’est le réalisateur Alain Lavalle qui se permet de revenir sur la création de son seul et unique long métrage. Le tout avec une acuité et un recul assez salvateur, l’homme reconnaissant qu’il a quitté sans regret la fiction pour rejoindre le documentaire, peu convaincu par sa propre expérience cinématographique. Les scènes coupées, quant à elles, sont de multiples caviardages un peu plus sexy prévus pour l’étranger: surprise, les doublures ne font guère illusion! J.M.

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