Que voir dans les salles de cinéma cet été? La règle est simple: plus il y a d’étoiles, plus on aime.

PANEL CHAOS: NICOLAS BARDOT (POLYESTER), THOMAS BAUREZ (PREMIERE), GÉRARD DELORME (CHAOS), QUENTIN GROSSET (3COULEURS) & PHILIPPE ROUYER (POSITIF)

GUERRE DES ÉTOILES
Pas chaos ★ Pas très chaos ★★ Un peu chaos ★★★ Assez chaos ★★★★ Très chaos Palme 
👉 Tableau à télécharger 

Nicolas Bardot Thomas Baurez Gérard Delorme Quentin Grosset
Philippe Rouyer
Once upon a time… in Hollywood
  ★★★★ ★★★ ★★★★
Midsommar
 
★★★★ ★★★★  
So long, my son
★★★★ ★★★★     ★★★★
Une fille facile
  ★★   ★★★★ ★★★
Frankie
★★★★   ★★★ ★★★
Haut-perchés
★★★      
Roubaix, une lumière
  ★★ ★★★★ ★★★★
Thalasso
    ★★★    
Une grande fille
        ★★★★
Diego Maradona
  ★★★   ★★  
Factory
        ★★
Ils reviennent
       
Manta Ray ★★★★ ★★★
Her smell ★★★ ★★★
Anna      
Rojo ★★★ ★★
Yesterday ★★
Yves ★★ ★★★ ★★★ ★★★
Golden Glove ★★
Toy Story 4 ★★★ ★★★★
Le Daim  ★★★★ ★★★  ★★★★
Parasite    ★★★

 

[LES 5 FILMS A VOIR CET ÉTÉ]
1. Parasite de Bong Joon Ho
2. Midsommar de Ari Aster
3. Once Upon A Time… in Hollywood de Quentin Tarantino
4. So long, my son de Wang Xiaoshuai
5. Une grande fille de Kantemir Balagov

[LE FILM DE L’ÉTÉ] MIDSOMMAR de Ari Aster – en salles le 31 juillet
Au détour d’interviews données l’année dernière, Ari Aster avait annoncé sans détour un second projet tourné vers le fantastique avant de s’attaquer à d’autres genres. Blasés que nous sommes, on se demandait non seulement si Aster allait tenir ses propos, mais surtout dans quel espace-temps? Surprise, son Midsommar est déjà emballé/pesé/labellisé/terminé pour cet été. Aux ténèbres boisées de son précédent Hérédité, Aster nous propulse dans une rêverie froufrou et rurale, avec une secte wickermanesque à souhait, apparemment située en Suède. Derrière les sourires, l’horreur bien sûr. Avec sa photo presque aveuglante, ses money-shots bizarroïdes (visage cabossé, ours éventré, chute dans le vide, mains ensanglantées), son sound-design déglingué, il n’y a aucun doute sur le fait que le Aster est bel et bien de retour. Film de l’été, donc. Mais une autre question nous brûle: après Hérédité Palme du chaos 2018, et si Midsommar emportait la Palme du chaos 2019? J.M.

[L’EVENEMENT DE L’ÉTÉ] ONCE UPON A TIME… IN HOLLYWOOD de Quentin Tarantino – en salles le 14 août ★★★★
Nous sommes à la fin des années 60, alors que le cinéma classique hollywoodien s’effondre au profit de l’éphémère mais retentissant Nouvel Hollywood. Rick Dalton (Leonardo DiCaprio, très en retenue) est un acteur sur le déclin, traînant derrière lui sa doublure et fidèle comparse, Cliff Booth (Brad Pitt, extraordinaire). Tandis qu’il tente tant bien que mal de revenir sur le devant de la scène, Rick voit s’installer dans la grande demeure jouxtant la sienne le cinéaste Roman Polanski et son épouse Sharon Tate (la pétillante Margot Robbie). Pendant qu’ils mènent chacun leur tumultueuse vie de cinéma, la «Famille» de Charles Manson se prépare à noyer dans le sang les idéaux du flower power. Depuis Inglourious Basterds, incursion loufoque et décomplexée dans le film de guerre historique, Quentin Tarantino semble prêter une oreille attentive aux échos de l’Histoire américaine, s’autorisant même le droit de la remodeler comme bon lui semble, quitte à parfois frôler le blasphème. Ce n’est après tout que le prolongement logique d’un cinéma qui longtemps raconta une autre histoire, celle du Septième Art lui-même, régurgitant ses formes et gimmicks oubliés, convoquant à chaque long-métrage les lointains souvenirs d’un cinéma d’exploitation à l’imagination débordante. Ici, derrière l’imagerie pop et édulcorée dont se pare le film, Tarantino se livre à cœur ouvert, distillant une surprenante mélancolie. A.R.

[LA DÉCOUVERTE DE L’ÉTÉ] SO LONG, MY SON de Wang Xiaoshuai – en salles le 3 juillet ★★★★
Qui a envie d’assister à quarante ans de la vie d’une famille d’ouvriers chinois marquée par la mort d’un petit garçon dans un long film fleuve de trois heures? A priori, pas nous, pas vous. Et tout le monde a tort. Ce mélodrame sur les malheurs ponctuant une vie et la manière dont une société peut saper des individus de rien figure parmi les beaux grands films tristes. Une vraie montagne russe émotionnelle qui dévaste à mesure qu’elle se déploie. Entre nous, rien ne laissait présager une telle réussite de la part de son auteur, le doué-mais-modeste Wang Xioashuai (Beijing Bicycle, Chongqing Blues). Avec So long, my son, il fait un saut qualitatif considérable, l’estampillant grand plasticien du cadre et magistral sculpteur du temps, l’inscrivant parmi les grands noms du pays avec Jia Zhang-ke. Il fallait bien ces trois heures pour nous raconter à quel point la douleur reste, laisse des traces tenaces. Et il y a surtout ce regard de cinéma qui nous poursuit. Une colère rentrée, une tendresse empathique et une tristesse poignante contribuant à la splendeur totale de ce film sur une génération sacrifiée, ayant toujours l’élégance et l’intelligence de placer l’émotion au premier rang. Croyez-moi, c’est du sacré cinéma. J.F.M.

[LE PARI CHAOS DE L’ÉTÉ] UNE GRANDE FILLE de Kantemir Balagov – en salles le 7 août ★★★★
On a découvert ce film, intitulé Beanpole au dernier Festival de Cannes et à l’unanimité, on a trouvé ça assez dément, confirmant toutes les promesses contenues en Tesnota, le précédent long métrage de Kantemir Balagov. C’est même, à notre sens, meilleur car, traitant un même sujet de prison intérieure de laquelle on cherche à s’émanciper mais sous une forme différente (et assez sublime, il faut l’écrire), son cinéma semble s’être débarrassé un peu de certains effets de style voyants pour raconter le plus intensément des séismes intérieurs et des troubles psy avec acuité, sensorialité et sensualité. Nous sommes en 1945. Tout est démoli, tout est à reconstruire. La Seconde Guerre mondiale a ravagé Leningrad et dans ce monde de ruines, trop grand pour être appréhendé, deux jeunes femmes de rien tentent de se reconstruire et de reconstruire ce qu’elles ont perdu ou démoli. Un film de reconstruction intime donc, focalisé sur les intérieurs et l’intériorité, où l’on (se) perd et où l’on cherche à refonder comme à féconder. Est-ce qu’un être humain (et, par extension, un pays) est capable de se relever après sa déchéance? C’est aussi et surtout un beau film amer d’âmes tourmentées, trouble, incitant à ne pas passer à côté des choses compliquées. Un film si habité, si adulte, si pénétrant que l’on croit absolument à tout ce qui s’y passe, même dans la moindre profondeur de champ. Et qui agit violemment sur nous, qui dévaste, qui grandit. Soit du pur cinéma du corps qui touche à l’os (comme le disait Pialat). J.F.M.

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