“Killer game” de Patrick Brice, au-dessus du tout-venant de l’horreur sur Netflix

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Killer Game, film d’horreur estampillé Netflix et produit par James Wan, vaut mieux que sa réputation de babiole insignifiante. 

La jeune et jolie Makani a quitté Hawaï pour aller s’installer avec sa grand-mère dans une petite ville tranquille du Nebraska. Mais alors que le jour de la remise des diplômes approche pour la lycéenne, ses camarades de classe sont harcelés par un tueur bien décidé à révéler à la ville entière leurs secrets les plus terribles. Le meurtrier terrorise ses victimes en portant des masques de leurs propres visages, plus vrais que nature. Makani, qui cache elle aussi un lourd secret, et ses amis doivent découvrir l’identité du tueur avant d’en devenir eux-mêmes victimes.

Pour la petite histoire, on devait au réalisateur Patrick Brice le diptyque Creep avec Mark Duplass en serial-killer ambigu, qui avait réussi à dynamiter le sous-genre épuisé et épuisant du found-footage à grand coup d’humour grinçant et de terreur grimpante. Peu de rapports avec ce There’s someone inside your house (traduit très bêtement et simplement par Killer Game chez nous), adaptation d’un best-seller de l’écrivaine Stephanie Perkins, qui contribue au revival assez rafraîchissant du slasher. Ainsi, après Fear Street, Happy Birthdead et Seance, le genre semble en effet ne plus se perdre en clins d’yeux post-modernes et éviter le carnage décérébré, apprenant davantage à faire apprécier ce qui hier n’était que de la chair à canon. Preuve qu’il aura fallu presque vingt ans pour se défaire de l’ère Kevin Williamson (ne parlons pas trop fort, Scream revient…). Killer Game, dès son intro, se décide à ne pas faire de cadeaux: son assassin prévoit très gentiment de porter le visage de sa future victime en guise de masque pour mieux la mettre face à ses pires secrets. En effet, le tueur caméléon déterre les dossiers les plus odieux de ses victimes, pour les salir avant de se salir (littéralement): là un quaterback violent et homophobe, plus loin une catho suprémaciste… Une sorte d’incarnation meurtrière de ce qu’on aime bien appeler aujourd’hui la cancel culture.

Bien entendu, et comme depuis des temps immémoriaux, un groupe d’ado incarnant la marge se lance dans leur propre enquête. Humour bien dosé, jolie b.o (SEEEEEEEEEEEECREEEEEEEEEEET nous crie dessus OMD), personnages bien dans l’air du temps, meurtres gratinés: même si en petit production Netflix destinée à la période d’Halloween, Killer Game tente de cocher toutes les cases proprement, il atteint son objectif de divertissement soigné. On pourra hélas lui reprocher un virage final mal agencé : la dernière partie perd en souffle avant d’échouer dans un final décevant (les flammes numériques, encore un fléau dont on ne parle pas assez), là où l’on s’attendait à une apothéose grinçante. Mais au vu de la rareté des bons films d’horreurs Netflix, c’est déjà un miracle d’être resté jusqu’au bout… J.M.

6 octobre 2021 sur Netflix / 1h 36min / Epouvante-horreur, Thriller
De Patrick Brice
Par Henry Gayden, Stephanie Perkins
Avec Sydney Park, Sarah Dugdale, Kayla Heller
Titre original There’s Someone Inside Your House

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