Kikiveut des vikings?

Parce qu’on aime vous gaver de culture alors que vous êtes à donf sur BFMTV et les résosocio, le Chaos vous donne quand même de bons films avec des vikings dedans pour vous changer la tête d’images.

Les vikings (Richard Fleischer, 1958)
S’il ne devait rester qu’un film sur les Vikings, ce serait celui-ci. Haletant et épique, le long-métrage bénéficie d’un casting en or (Kirk Douglas, également producteur, mais aussi Janet Leigh, Tony Curtis et Ernest Borgnine, excusez du peu!) et de la splendide photographie de Jack Cardiff. Kirk Douglas, borgne et le visage barré d’une cicatrice, incarne une véritable ordure sans scrupules, ce qui nous change des habituels héros propres sur eux du cinéma d’aventures. Impeccablement mis en scène par un Richard Fleischer en pleine possession de ses moyens, le long-métrage se double d’une reconstitution crédible du mode de vie viking, un peuple finalement trop méconnu. Autant de qualités qui font des Vikings un des plus grands films d’aventures de tous les temps. Rien que ça.

La ruée des vikings (Mario Bava, 1961)
Comme cela se faisait couramment dans le cinéma de genre italien, Mario Bava profita du succès du film de Richard Fleischer pour proposer sa propre version du film de vikings qui n’a d’ailleurs pas à rougir face au classique pré-cité. Malgré un budget beaucoup moins important, Bava signe un film aux images à couper le souffle, dont la photographie superbe bénéficie du charme du Technicolor. Le cinéaste transalpin collabore pour la première fois avec le très charismatique Cameron Mitchell, qu’il retrouvera une seconde fois dans Duel au couteau. Contrairement au chef-d’œuvre de Fleischer, la violence s’avère beaucoup plus frontale et Bava parsème son film de touches érotiques et sadiques propres au cinéma bis transalpin. Un vrai régal pour les amateurs.

Duel au couteau (Mario Bava, 1965)
Mario Bava a toujours témoigné dans chacun de ses films un plaisir à varier les genres et un amour pour le cinéma dans tous ses états. Malgré l’inévitable usure du temps, ses œuvres contiennent encore des moments de génie qui se manifestent dans l’utilisation de la lumière, la composition des plans et, plus généralement, la qualité de fabrication. Réalisé sept ans après Les Vikings de Richard Fleischer, Bava propose une nouvelle variation odinesque quatre ans après La ruée des Vikings en pillant beaucoup comme la tradition le veut. A travers l’odyssée de Rurik, joué par le charismatique Cameron Mitchell (rien à voir avec le réalisateur de Shortbus), notre chouchou transalpin s’amuse à tordre les conventions d’un genre pour en livrer une définition hautement personnelle. Le résultat est stupéfiant, encore aujourd’hui.

Erik le viking (Terry Jones, 1989)
Quand l’un des Monty Python s’attaque au film de vikings, cela donne évidemment une œuvre totalement absurde et décalée, dans la droite lignée d’un Sacré Graal! Bourré de jeux de mots nonsensiques et de situations over the top, Erik le Viking déploie une mécanique comique proprement jubilatoire. Tim Robbins, bien entouré par John Cleese, Terry Jones lui-même et Mickey Rooney, s’avère franchement génial en Viking bien décidé à en finir avec un mode de vie fait de meurtres et de pillages. Loufoque de bout en bout, Erik le Viking est la preuve que les codes du film de vikings peuvent donner d’excellentes comédies.

Le 13ème guerrier (John McTiernan, 1999)
Magnifiées par une musique de Jerry Goldsmith rappelant les scores de Basil Poledouris sur La Chair et le Sang et Conan le Barbare, les aventures guerrières d’Ibn Fahdlan (Antonio Banderas, impeccable) et de ses compagnons vikings constituent un grand morceau de bravoure. Comme à son habitude, John McTiernan délivre une mise en scène limpide montrant à bien des cinéastes actuels qu’il n’y a pas besoin de secouer la caméra dans tous les sens pour réaliser de bonnes scènes d’action. Seulement voilà, si Le 13ème guerrier est incontestablement réussi sur un plan formel, impossible de ne pas être frustré par les nombreux trous et ellipses que l’on dénombre dans le scénario. La faute au producteur Michael Crichton, qui fit couper une quarantaine de minutes. Reste un trop court moment de pur cinéma.

La légende de Beowulf (Robert Zemeckis, 2007)
Robert Zemeckis ou l’innovation technologique au service de l’histoire, la performance capture permettant au cinéaste une liberté totale de mise en scène. Un pari relevé haut la main, tant celle-ci se révèle ample, lyrique et entièrement pensée pour la 3D. Résultat, un spectacle hautement immersif d’une violence franchement inattendue venant de la part du réalisateur de Qui veut la peau de Roger Rabbit? et Retour vers le futur. Depuis Conan le Barbare, insurpassable en matière de récit épique, un des meilleurs récits d’heroic fantasy, narrant avec intensité l’épopée d’un guerrier légendaire pris dans l’étau d’une histoire familiale tourmentée et malsaine.

Le guerrier silencieux (Nicolas Winding Refn, 2010)
Plutôt que de proposer une énième tentative de cinéma épique, Nicolas Winding Refn, qui avait déjà brisé les codes du biopic avec Bronson, signe le récit contemplatif et sensitif de la descente aux enfers d’une bande de vikings emmenée par One-Eye, un mystérieux guerrier borgne (Mads Mikkelsen, époustouflant). Si quelques rares éclats de violence brutale parsèment la narration, le cinéaste danois préfère mettre en scène un nouveau Aguirre, la colère de Dieu au pays de Thor et d’Odin. Le résultat est ébouriffant de maîtrise et le trip sensoriel ressenti devant ces images déliquescentes est à la hauteur des ambitions déployées.

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