Bertrand Mandico nous fait découvrir trois artistes-coups-de-coeur : KATRIN OLAFSDOTTIR, MATHILDE DELAUNAY et SHANTI MASUD!

Les 3 grâces du CHAOS- brute, ivre, impudique….

Katrin Olafsdottir et Mathilde Delaunay, sont chacune cinéaste à leur façon, et ont toutes deux réalisé des films Islandais, libres, iconoclastes, enlevés, bruts, subtils avec pellicule talent et sans argent… Échos Chaos… Elles ont aussi toutes deux collaboré à mes propres films (quelle chance… pour moi)

La Grâce brute.

Les films de Katrin sont comme les mensonges, ils disent toujours la vérité, je suis bien placé pour le savoir j’ai écrit les textes de deux d’entre eux. Salut Phallus et In Death I Softly Sing.

La vérité crue sur les lâches hommes, messes Pasoliniennes, images brumeuses, pisse blanche, bite molle, écureuil dans le sexe, gifle en feu, femme courage, beauté…. Katrin est Incohérente, Incohérente du nom de notre dogme, de notre groupe, on est un groupe quand on est deux disait Topor (si il ne l’a pas dit il l’a pensé très fort) alors on a formé un mouvement comme on dit.

–       Incohérent !

On a dit

–       Et International !

On a conclu…

Comme nous… Un mouvement fragile, fiévreux, fébrile, païen, pour lécher les dernières gouttes de pellicule jusqu’à plus soif, la mâcher en invoquant les dieux du Chaos, car en Islande le Chaos règne et Katrin le dompte le Chaos, le coinçant entre ses cuisses avec grâce.

Katrin fait tout de ses jambes, de ses main, jusqu’au développement, autonome dans son bain de lait…

Pauvre, riche, elle tourne courts, moyens, sans montrer à trop de gens (L’acte le plus artistique d’un cinéaste : choisir son public).  Elle avance, dans un cinéma guttural, hyper sexué.

Vital, sœur cinéaste… Sœurs cinéastes.

Katrin Olafsdottir dans Prehistoric Cabaret

La Grâce ivre.

L’homme seul est toujours en mauvaise compagnie disait Cocteau.

Mathilde dans son Cavalier seul, décrit la solitude accompagnée.

Deux cow-girls se chevauchent dans le chaos Islandais, dans un théâtre de l’absurde, monologues des sœurs country, elles sont en boucle, bouclant leurs parcours sans renoncer.

Dialogues crachés, phrases inachevées à la « Passe Montagne », espaces ouverts mais clos, on y retrouve le bégaiement des films labyrinthes – Je t’aime je t’aime… Mais drôle bien sûr,  le drôle qui grince, le grince sans rire et son ivresse titubante.

Il suffit de parler pour devenir un autre. Il a suffit à Mathilde d’impressionner de la pellicule pour devenir cinéaste (en devenir encore plus la prochaine fois).

Mathilde Ĺ“uvre Ă  la production de mes derniers films, elle me supporte et canalise mes monologues en boucle, mes tournages chaos, tout en pudeur.

La Grâce impudique…

Shanti Masud réalise et met en scène ses films, dans un anti-naturalisme jouisseur, pop, magic, référencé (pochette Roxy music Siren / Liquid Sky / Féline de Schraeder…)

Et en particulier me touche, l’onirique onanisme de While The Unicorn Is Watching Me, porté par Nicolas Maury (la licorne des acteurs)… Shanti explore le chaos du fantasme surimpressionné, et à l’instar de Kartrin elle fait pleurer de stupre la sensible sainte pellicule, la chimie délavée, les corps narcissus… Fontaines de liqueurs sucrées…

Shanti m’a proposé il y a quelque temps, un premier premier rôle, celui d’un capitaine bavard et romantique. Je n’ai malheureusement pas pu honorer sa proposition (à regret, j’en pleure encore « Celui qui a connu l’amertume de l’océan en garde à jamais le goût dans la bouche » disait Conrad). J’ai le goût pour les films de Shanti, si loin si proche des miens, une île qui brille dans le même océan.

Les films courts de KATRIN, MATHILDE et SHANTI sont tellement pleins, beaucoup plus pleins que tous les longs envahissants et naturalisant de nos écrans saturés.

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