Evénement: John Carpenter recevra le Carrosse d’or en ouverture de la 51e Quinzaine des réalisateurs lors du prochain Festival de Cannes. A cette occasion, une MasterClass du cinéaste sera animée ce mercredi par Yann Gonzalez & Katell Quillévéré. Nous avons demandé au supra chaos réalisateur d’Un couteau dans le coeur ses trois films fétiches de Big John.

INTERVIEW: JEREMIE MARCHETTI

The Fog (1980)
«Plastiquement, sans doute le chef-d’œuvre du maître. Ou comment une idée toute simple – un brouillard nocturne ressuscite des naufragés vengeurs – convoque comme par ressacs la peur et la poésie d’une légende immémorielle, d’un conte horrifique que l’on transmettrait inlassablement aux enfants. Avec en prime l’un des plus beaux personnages féminins de l’œuvre carpenterienne: une animatrice radio perchée en haut d’un phare et jouée par l’inoubliable muse Adrienne Barbeau, lonesome cowgirl et vigie mélancolique régnant sur la nuit – des temps?»

Starman (1984)
«Parce que c’est le plus sentimental des films de John Carpenter, un mélodrame SF et déchirant où la sublime et trop rare Karen Allen tombe amoureuse d’un extra-terrestre qui a pris l’apparence de son défunt compagnon. Jeff Bridge fait un travail d’équilibriste extraordinaire dans le rôle-titre: apprenant à parler et à bouger comme un humain au fil du film, adoptant les gestes d’un vieil enfant étrange aussi maladroit que puissant, ridicule qu’émouvant. Un film grandiose, lyrique et totalement fleur bleue.»

Prince des Ténèbres (1987)
«J’ai un faible pour les récits qui se déroulent dans un lieu unique et où les personnages disparaissent un à un, en l’occurrence ici un groupe de scientifiques (+ un prêtre joué par Donald Pleasence) dont l’esprit de camaraderie mi-sérieux mi-blagueur est bientôt confronté à l’effroi pur et dur. Le casting est particulièrement bien composé / bien looké, tout en diversité d’âge et de couleurs de peaux, de sorte qu’on a parfois l’impression de se retrouver face à un pop band improbable de la fin des années 80 qui se dissout à vue d’œil. Et puis si Carpenter ne lésine ni sur les monstres ni sur les effets spéciaux, c’est avec une image toute simple tournée en VHS qu’il parvient à terrifier: un plan récurrent, flou et lointain, de Satan se tenant sur le parvis d’une église, cauchemar apocalyptique en forme de présage glaçant.»

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here