Le Chaos a rencontré celles et ceux qui feront le cinéma de demain. Découvrez Félix Dobaire.

Qui veut voir un court métrage auto-produit d’horreur avec 300 euros en poche mais pleins d’idées? Direction Myosotis, court métrage bien fichu de Félix Dobaire  (surtout avec ce budget!). Un soir, après une dispute, un apiculteur tue accidentellement sa femme. Pris de panique, il enterre le corps sous son potager. Les jours passent, le jardin dégénère. C’est à voir en cliquant ici. Quant au Chaos, il fait les présentations…

INTERVIEW

[D’OU VENEZ-VOUS, FELIX?] De Paris, au pied de la butte Montmartre. Ces trottoirs étroits m’ont presque poussé en quelque sorte à faire du cinéma, m’inspirant mon premier court métrage, quand j’étais au lycée. D’ailleurs je n’ai pas le parcours classique de l’étudiant en cinéma qui vient d’une formation littéraire. J’ai passé un bac scientifique, ce qui est assez rare dans ce milieu quand on se destine à la réalisation. Mais une fois en terminale, j’ai eu comme un rejet de mon environnement de travail. Les sciences c’est bien, mais appliquées à des domaines plus aliénants les uns que les autres, c’est non. C’est là que je me suis tourné vers le cinéma, hobby qui me passionnait depuis longtemps. Après le bac, je suis donc rentré en école, que je viens de finir cette année.

[POURQUOI FILMEZ-VOUS?] Parce que j’adore faire des images. J’ai ce besoin depuis tout petit pour une raison qui m’échappe. C’est une obsession. Réussir à raconter une histoire, à provoquer des émotions juste par le visuel. Créer des images viscérales, singulières qui aboutissent sur un ressenti universel. C’est assez fascinant. J’aime également l’artisanat qu’il y a derrière. Essayer de réfléchir, avec tous les outils qui composent la mise en scène cinématographique, à la manière de rendre vraisemblable et cohérent, un univers purement fictif. J’envisage chaque film comme un défi avec à la clé l’émotion et l’immersion du spectateur dans un récit. Je ne filme d’ailleurs que très peu pour moi. Les films nombrilistes ont tendance à m’ennuyer. La fameuse “recherche d’expression” tel l’artiste torturé que je ne suis pas. Je préfère plutôt trouver une idée que j’aimerais voir sur grand écran. Je suis toujours dans une logique de partage. Je pense constamment au spectateur. C’est pour ça que je suis très attaché au découpage filmique. Par quels moyens le spectateur va t-il voir la scène pour ressentir les émotions du scénario? C’est une question très excitante que je me pose toujours pendant la préparation. Avant d’être le créateur du film, je suis surtout son premier spectateur.

[CULTES] Petit, je vouais un culte à 20.000 lieues sous les mers de Richard Fleischer. Allez savoir pourquoi… Le calamar géant probablement. Un traumatisme. Plus sérieusement je dirais tout Fincher pour commencer, Zodiac en tête. J’ai dû voir ce film 20 fois. Un film sur l’obsession qui tourne à l’obsession… Il est fort ce David. Dans un autre registre, The Thing de Carpenter. J’ai rarement vu un film aussi minimaliste et immersif à la fois. C’est une invitation à l’imaginaire, dans son récit comme sa mise en scène. Plus récemment, Midsommar. Quelle maîtrise! Ari Aster est probablement un des jeunes réalisateurs américains les plus intéressants et talentueux actuellement. C’est une de mes plus grosses claques esthétiques avec Blade runner 2049. Pour sortir du cinéma de genre, je dirais Magnolia de Paul Thomas Anderson. J’adore son cinéma. C’est d’une fluidité et d’une précision remarquables. Et puis c’est toujours extrêmement juste et émouvant. Pour finir, Mise à mort du cerf sacré de Lanthimos. Qu’est ce que j’aime ce film. J’ai rarement autant ri au cinéma. Et puis j’apprécie beaucoup la manière dont Lanthimos s’approprie et dépoussière la tragédie. Il y a toujours dans ses gestes radicaux, quelque chose d’assez novateur et profondément contemporain. Bon j’avais dit que c’était le dernier mais j’ai encore envie d’en citer un, c’est infini… Allez, et un plaisir coupable cette fois: Beyond the black rainbow de Panos Cosmatos.

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