Ils sont jeunes. Ils sont chaos. Le Chaos a rencontré celles et ceux qui feront le cinéma de demain. Découvrez Jordan Goldnadel.

INTERVIEW: SCRIBE

[POURQUOI FILMES-TU?] «J’ai toujours filmĂ©. Depuis le plus jeune Ăąge, j’utilisais en cachette la camĂ©ra de mes parents et je filmais tout. J’aime voir la vie Ă  travers un prisme. Rendre les choses moins laides, ou moins rapides. Je ne suis pas quelqu’un de nostalgique, mais je ressens le besoin de capturer les choses, parce que tout est Ă©phĂ©mĂšre. Lorsque je revois mes films (ou ceux des autres), ce sont parfois des dĂ©tails qui m’intĂ©ressent. Un appartement qui n’existe plus, une façon de s’habiller, de parler. Les voitures. Tout change et j’aime me rappeler les sentiments et sensations qu’on ne peut plus retrouver ailleurs que lorsqu’on revoit des moments capturĂ©s dans le temps par des camĂ©ras. Enfin, Je suis un grand cinĂ©phile et un grand insomniaque. Parfaite combinaison qui me permet de voir le plus de choses possible. J’aime les histoires, les voyages. Tout pour moi est l’occasion de faire un rĂ©cit. J’adore Ă©couter les gens me parler de leur vie, m’imaginer ce qu’est leur expĂ©rience sur cette Terre. J’aime retranscrire ces expĂ©riences de vie diffĂ©rentes de la mienne. Ça me donne l’impression de vivre plusieurs vies.

[FILMS CULTES] La question fatidique
 Les films sont pour moi une Ă©poque, un moment de ma vie de spectateur. Je peux dĂ©tester un film Ă  un moment puis le revoir des annĂ©es plus tard et en tomber amoureux. Mais si je devais vraiment citer trois films tout de suite, qui m’ont vraiment marquĂ©, ceux qui me viennent sont La couleur pourpre de Steven Spielberg, The Hours de Stephen Daldry et Maurice de James Ivory. Et en bonus, un film qui Ă  mon sens est un pur chef d’Ɠuvre, qui n’a malheureusement pas Ă©tĂ© assez vu: The Congress de Ari Folman. Une crĂ©ativitĂ©, une originalitĂ©, une mise en scĂšne sublime. Et une grande performance de Robin Wright.» J.G.

[KALÉIDOSCRIBE] «J’ai dĂ©couvert Chechnya (La Purge) au Festival Mamers en Mars oĂč, chose rare, il a Ă©tĂ© primĂ© par le public et le jury. C’est un film essentiel. D’abord pour le cri d’alarme qui nous concerne tous. La situation des homosexuels est particuliĂšrement intolĂ©rable dans ce pays oĂč, comme l’a justement soulignĂ© le rĂ©alisateur lors de sa prĂ©sentation, se rejoignent homophobie thĂ©ologique et politique. Mais il nous renvoie Ă©galement Ă  nos propres manquements, Ă  l’augmentation des attaques homophobes les plus sordides sur notre territoire, Ă  ce Paris qui n’est plus l’Éden fantasmĂ© par les jeunes protagonistes du film, quand on sait par exemple que l’équipe-mĂȘme de Chechnya a reçu des insultes et des menaces homophobes. Ensuite pour la justesse de son dispositif cinĂ©matographique. L’immersion est totale, la mise en scĂšne maĂźtrisĂ©e de bout en bout. Plus impressionnant encore, le film rĂ©ussit l’exploit d’allier une marche effrĂ©nĂ©e vers un destin de mort, au portrait intimiste d’une famille TchĂ©tchĂšne dans cette situation d’horreur qui confine Ă  l’absurde. Ici, c’est le dĂ©samour qui devient la vĂ©ritable torture. Le hĂ©ros sourit face Ă  son bourreau, mais il s’effondre devant l’ignominie du comportement de son pĂšre. Les mots ont Ă©tĂ© la vĂ©ritable arme du crime. Je pense notamment Ă  une scĂšne d’une rare intensitĂ© dramatique, oĂč toute la famille dĂ©bat de l’opportunitĂ© de tuer sa propre chair. La mĂšre adopte alors le seul visage digne de l’humanitĂ© face aux monstres qu’elle engendre: celui du dĂ©sespoir absolu.» S.

Chechnya sera diffusé ce vendredi 22 Mars sur France 3 à Minuit et demi, puis sera disponible en replay sur le site France Télévisions pendant une semaine.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here