Jérémie donne sa liste des films à voir pendant le 😷

Parce que le Chaos est avec vous pendant la Coronapocalypse, voici notre sélection de films (pas forcément anxiogènes) à regarder pendant que vous êtes chez vous.

Appel d’urgence (Steve de Jarnatt, 1987)
Parce qu’on aime l’amour au temps du chaos.
Trahi par son réveil, il rate son rencard et intercepte un appel annonçant la destruction totale de L.A. Il part la retrouver, coûte que coûte. Comme un After Hours où le romantisme aurait remplacé le cynisme du film de Martin Scorsese. Un film qui donne des ailes à l’heure où tout brûle.

Cluedo (Jonathan Lynn, 1985)
Parce qu’il faut bien un jeu de société.
Le Monopoly, c’est chiant et un peu trop capitaliste, alors on lui préfère Cluedo, porté au cinéma en 1985 sans que personne n’est rien demandé. Du old dark house movie solide et croustillant, qui ne surpasse certes pas son modèle Un cadavre au dessert, mais apporte sa truculence toute melbrooksienne. Le tout distribué d’ailleurs avec plusieurs fins différentes… si jamais vous avez envie de relancer les dés!

Les derniers jours du monde (Arnaud et Jean Marie Larrieu, 2009)
Parce qu’on a pas fini d’y repenser.
Il viendra un temps où la filmo des deux loustics sera enfin réévaluée. On l’espère. En attendant, ils ont signé là le plus beau film de fin du monde français, remettant enfin les trompettes de l’apocalypse à leur place: même au bord du gouffre, on ne pense qu’à CA. Vendu comme une comédie paillarde (pire affiche de tous les temps), ce requiem du coeur et du cul vaut bien mieux.

Problemos (Eric Judor, 2017)
Parce qu’on est en plein dedans!
Tout comme (l’assez moyen) Idiocratie qui fut récemment placardé en comédie visionnaire, Problemos avait vu juste dans sa peinture au vitriole de la société française, avec son camp de zadistes et de bobos imbuvables cernés par une pandémie galopante. Eric Judor apporte son sens de la bizarrerie (ça aide de tourner chez Mr Oizo), dégaine la révélation Marc Fraize et dézingue tout le monde sans relâche jusqu’à passer, malheureusement, pour une comédie de droite.

Chaque soir à neuf heures (Jack Claton, 1967)
Parce qu’il faut bien pleurer aussi.
On parle et on reparle des Innocents, totalement à raison, mais on passe bien trop sous silence ce Clayton auscultant encore une fois l’enfance avec une grâce et un trouble magistral. Sept enfants tentent de vivre sous le même toit après la mort de leur mère pour se dissimuler aux yeux du monde. George Delerue en lévitation dans ce microcosme vite crapahuté par des frustrations oedipiennes et le fanatisme religieux. Mais surtout une belle manière de nous rappeler que nous devons, un jour ou l’autre, nous séparer de tout ce que l’on aime…

Les rencontres d’après minuit (Yann Gonzalez, 2003)
Parce qu’il faut bien vivre une nuit de plaisir par procuration.
Une orgie en plein lock-out ? Paradoxal peut-être : mais si on en a besoin, c’est bien parce qu’il s’agit d’un film spleen, un film baume en forme de bulle nocturne, pour nous rappeler que le vivre ensemble, ça fait aussi battre le coeur et les slips. La QUEERANTINE rêvée.

Tree of Life (Terrence Malick, 2011)
Parce que c’est bow la vie.
En haut de sa tour, un homme se rappelle. Et nous aussi. Du big-bang aux jeux d’enfants, Malick capture dix mille sensations, dix mille instants, dix mille matièrse dans un film flottant, irritant, magique, libre, dont il restera totalement prisonnier sur les prochaines années. Voir la création du monde sur fond de Preisner, et pleurer encore et encore. Le grain de sable dans l’univers.

Nel piu alto dei cieli (Silvano Agosti, 1977)
Parce qu’on ne vaut rien.
Provocateur discret, Silvano Agosti signait son arrêt de mort avec ce film devenu quasi-invisible où de bons chrétiens se noyaient dans leur sang et dans leur merde en se retrouvant bloqués dans l’ascenseur du saint-père en voulant faire leur pèlerinage au Vatican. Odieux et sale comme son voisin de palier Salo, histoire de nous rappeler que la race humaine ne vaut pas grand-chose en quatre murs. Effet garanti en plein confinement.

The rocky horror picture show (Jim Sharman, 1975)
Parce It’s just a move to the left!
Seul ou à plusieurs, en salon ou en salles, le Rocky Horror procure le même plaisir divin depuis des décennies, fun et excitant comme un long cauchemar érotique, carnavalesque, ultra-camp, hilarant, dépouillé de rides…avant de conclure dans une mélancolie qui laisse toujours autant abasourdi. Et oui…

Love Exposure (Sono Sion, 2008)
Parce qu’on aura tout le temps de le regarder presque 4h de cris, d’amours impossibles, de lyrisme échevelé et d’effusions de sang. Si on envoyait le film aux extra-terrestres en guise de présentation, ils nous défragmentaient c’est certain.

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