Allô Jean-Pierre? C’est Chaos Check News! Est-ce que exact que vous avez commencé en tant que mannequin avec Clint Eastwood?

«Tout à fait. Clint a deux ans de plus que moi. Et on était à Rome tous les deux. J’étais l’assistant de Fellini et de Visconti et je tournais avec Antonioni et Mazelli en tant qu’acteur. Finalement, Clint était là, et c’est moi qui l’ai présenté à Sergio Leone. A ce moment-là, il faisait de la peinture, alors il avait tourné des petits rôles aux États-Unis. Comme Eddy Constantine qui était venu en France, il est venu en Italie. Il était là, il n’avait pas de fric, il peignait, il avait loué un atelier dans un petit studio. Il y avait un couturier qui s’appelait Schubert comme le musicien. Il aimait bien avoir des mannequins. Comme on était grands tous les deux – il doit avoir quatre centimètres de plus que moi – et qu’ils avaient besoin de jeunes minces, on était payés comme mannequins. Dans le temps, je lui ai passé mon assistant et je crois qu’il l’a toujours d’ailleurs. Quand Alysson, sa fille, vient à Paris, je la balade. Maintenant, il a un peu changé, il a mal vieilli. Au départ, c’était un gars assez simple, mais le succès lui a tourné un peu la tête. Il me parle moins. Quand il vient à Paris, il me téléphone une fois sur deux. C’est comme Woody Allen qui était un grand ami, même chose. Ce sont des gens qui ont eu la tête qui a un peu trop gonflé. Mais, en même temps, ce n’est pas facile de rester simple. A un moment donné, ils ont été tellement encensés tous les deux alors qu’ils étaient très complexés. Je me rappelle qu’à l’époque, Clint ne pensait pas avoir le courage de faire de la mise en scène. Il a franchi le pas, mais à l’époque de son premier film, il a eu beaucoup d’hésitation. Il était très copain avec Don Siegel qui était un personnage très curieux que j’ai connu aussi. Siegel était proche de Samuel Fuller. Il avait le sens des plans, du montage, du choix des cadres. Et Clint a beaucoup pompé sur lui. Ça a toujours été son maître. Sans lui, il ne serait jamais devenu réalisateur. La dernière fois qu’on s’est vu, il m’avait confié qu’il trouvait ça honteux que Schwarzenegger devienne gouverneur de la Californie parce qu’il voulait lui-même devenir gouverneur. Mais vous connaissez l’histoire d’Arnold? Il était venu une fois présenter un film en France et j’avais voulu à un moment en faire un dans lequel il y avait trois voleurs de bagnole. Je me souviens que j’avais décidé d’engager Schwarzenegger, Stallone et Van Damme pour faire les trois aventuriers. Un jour, il passe sur Antenne 2 et le journaliste lui demande ses projets. Et là, il dit: «je vais tourner avec Jean-Pierre Mocké». Il a prononcé «Mocké» et pas «Mocky». Cinq minutes après, il y avait 20 journalistes chez moi parce qu’ils pensaient que le film avait déjà commencé. Ils sont très accessibles ces gens-là. Glenn Close, Meryl Streep… Ils rêvent tous de tourner en France.»

Propos recueillis par Romain Le Vern

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