Les deux meilleures (les seules?) suites d’Halloween refont surface, jusque là inédites sur support HD en France. Mauvais timing? On veut bien pardonner pour ces deux trésors couleur citrouille.

Tremblez, c’est le retour de la vengeance de la rĂ©surrection du reboot de la suite du remake de la prequel: avec l’annonce rĂ©cente de deux nouvelles suites, on a jamais autant regrettĂ© d’avoir relancĂ© si souvent la licence Halloween, malgrĂ© un passage par le nĂ©o-slasher et une rĂ©invention – plutĂ´t dispensable au final – par Rob Zombie. Ze Shape aurait dĂ» sans doute rester lĂ  oĂą il s’était Ă©vanoui Ă  la fin du film fondateur: dans l’obscuritĂ©. Nul besoin pourtant de faire preuve d’autant de sĂ©vĂ©ritĂ© avec les deux premiers sequel, qui portaient encore le label qualitĂ© Carpenter, dissimulĂ© bien entendu Ă  la production et Ă  l’écriture. D’abord Halloween 2 (Rick Rosenthal, 1981), une suite directe de chez direct, du genre Ă  reprendre pile Ă  la seconde oĂą le premier film s’arrĂŞtait, et qui conserve avec succès toutes les saveurs racĂ©es de son prĂ©dĂ©cesseur.

Bien chapeautĂ© par Big John, qui tourna sans aucun doute plus d’une sĂ©quence, Rick Rosenthal n’invente pas le fil Ă  couper le beurre – il n’y a pas autant de grands moments de mise en scène que chez Jean Charpentier, c’est un fait – mais boucle un slasher de premier classe, Ă  l’atmosphère redoutable (quoi de plus flippant qu’un hĂ´pital la nuit?) et bien plus gore que son prĂ©dĂ©cesseur, allant jusqu’à faire glisser un de ses protagonistes dans une mare de sang! Plus boogeyman que jamais («Mr Sandman, bring a dream»), Ze Shape se fait rĂ©tamer, dĂ©zinguer, carboniser, annihiler. Comme pour souligner l’envie de ne plus jamais le revoir sur un Ă©cran… sans se douter que l’argent sera, hĂ©las, plus fort.

Plutôt que de remettre en selle de manière absurde le monsieur au grand couteau, ce que fera le chafouin Halloween 4 en 1988, Halloween 3 part du désir d’une saga annexe, avec comme seul lien la sempiternelle nuit d’Halloween. Avec le papa de la série Quatermass sous les bras, le faiseur Tommy Lee Wallace mélange SF et surnaturel, mitraille la société de consommation, aligne les morts brutales (visage défiguré au laser, crâne disloqué, décapitation à mains nues, gosse liquéfié: zéro quartier) et quitte les terres du slasher pour une horreur complotiste façon Twilight Zone. À l’époque, ça tire la gueule sévère: sans le tueur masqué aux trousses, le public lance ses tomates pourries, condamnant Halloween 3 à des années de pilori et de réputation fumeuse. Depuis, ce modèle de série b méchante et inventive a été gracieusement réhabilité, sa comptine infernale trottant dans toutes les têtes à chaque Toussaint.

Il aura fallu attendre 2020 pour se rendre compte que les suites d’Halloween, hormis les plus récentes, n’avaient jamais connu de traitement HD dans l’Hexagone! H2 et H3 sortirent sous la bannière d’Universal en 2011 du côté des States, avec zone free, copie au cordeau et sous-titres français, évitant donc toute attente superflue. Depuis, l’éditeur américain Shout Factory a repris les rennes de la licence, ressortant (en zone A hélas) les titres par deux fois, histoire de traire la vache à lait comme des désespérés. Il faudra compter une édition collector un poil gonflée en 2012, puis une édition ++ en 2018 proposant de nouveaux masters 4k.

Pour la sortie française, Le chat qui fume sort bien Ă©videmment les deux films sĂ©parement dans leur format habituel (dvd + blu-ray) mais laisse les nouvelles copies sur le bas de la route. Mauvaise idĂ©e? Ă€ y regarder de plus près, les masters sortis en 2018 ne font que rehausser lĂ©gèrement la luminositĂ© sur certains plans et usent mĂŞme d’un lĂ©ger rĂ©ducteur de grain. C’était oublier un peu vite que les premières copies HD Ă©taient dĂ©jĂ  d’une prĂ©cision Ă  couper au couteau (de cuisine): on peut donc se passer de ce remastering un brin opportuniste (et hĂ©las, de plus en plus en courant aux États-Unis). En ce qui concerne les bonus du matou, chaque film se voit agrĂ©mentĂ© d’une prĂ©sentation de vingt minutes d’Eric Peretti ainsi que d’un doc rĂ©trospectif issu de l’édition amĂ©ricaine de Shout, dont l’efficacitĂ© dans l’exercice n’est plus Ă  prouver. H2 se voit accompagnĂ© de quelques scènes coupĂ©es (anecdotiques) ainsi que d’une fin rallongĂ©e (qui n’a pas Ă©tĂ© conservĂ©… dieu merci). Les puristes n’apprĂ©cieront guère la disparition de tous les commentaires audio prĂ©sents sur les Ă©ditions amĂ©ricaines. Nous, on s’en contentera bien…

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