10 Mars 2019, Gregg Araki nous fournit une bonne raison d’être en vie un dimanche, en nous faisant parvenir le premier épisode de sa série The Now Apocalypse. Que peut-on tirer de cette ouverture de moins d’une demie-heure ? Presque rien.

PAR GEOFFROY DEDENIS

Il faut d’abord mentionner qu’Araki avait déjà tenté l’aventure sérielle après être arrivé au terme de sa trilogie The Teenage Apocalypse – Totally F***ed, The Doom Generation, Nowhere – avec This Is How the World End. Mais le pilote n’avait pas convaincu MTV et le projet en était resté au stade embryonnaire. Dès lors, doit-on envisager The Now Apocalypse comme la transposition des obsessions arakiennes: sexe, jeunesse aliénation, fin du monde à l’heure de Tindr? Peut-être. En tous cas c’est ce que le début de la série donne à penser. Araki y réutilise d’emblée la base narrative de Kaboom – qui s’avérait elle-même un revamping de celle de Nowhere. À savoir: un beau jeune homme à la vie sexuelle bien remplie, en colloque avec un dude total straight, total cute, total dumb as fuck, aimant papoter avec sa bestie pragmatique de son pressentiment d’une catastrophe imminente et des mecs qu’il se tape – mais dans le fond, ne s’agit-il pas d’une seule et même chose? Et cette mixture composée à partir des restes de la veille semble s’assumer, avec James Duval en clodo illuminé, auquel son nouveau remplaçant fait l’aumône, sans oublier le retour intergalactique de l’alien reptilien de Nowhere, le pistolet laser en moins, mais les intentions de viol en plus.

Ces réapparitions nostalgiques des réussites passées macèrent parmi les citations musicales de Slowdive, d’ailleurs si on jette un regard aux titres des dix épisodes qui constitueront cette série, on peut voir que le toton préféré des gotho-queer est loin de tourner le dos à ses classiques: «The Downward Spiral», «Unkown Pleasures», «The Rules of Attraction». Allons bon. La noirceur ne demeure pas moins tout à fait absente de ce numéro inaugural, qui n’est que fun, jolis garçons et cosmic handjobs. Alors est-ce qu’Araki se répète pour mieux vriller et nous offrir une surprise scénaristique incalculable, ou reproduira-t-il machinalement les mêmes jeunes paumés pour que le vide pervertisse leur beauté apparente, dans une démarche cynique toute warholienne? À ce stade, impossible de le savoir, d’autant qu’il ne sera pas seul aux commandes, avec dès cette introduction, une collaboration avec Karley Sciortino a.k.a. Slutever. Croisons les doigts et attendons de voir de quoi sera faite cette nouvelle route ne menant nulle-part.

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