Gérard donne sa liste des films à voir pendant le 😷

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Parce que le Chaos est avec vous pendant la Coronapocalypse, voici notre sélection de films (pas forcément anxiogènes) à regarder pendant que vous êtes chez vous.

L’ange exterminateur (Luis Buñuel, 1962)
Un groupe de gens n’arrivent pas à sortir de l’appartement où ils se sont rassemblés en sortant du théâtre. En fait, ils ont toujours vécu en autarcie sociale, et ce qui se passe à l’intérieur n’est qu’un reflet de leur vision du monde extérieur. Triomphe de narration intuitive, apparemment affranchi de toute logique rationnelle, ce film que Bunuel a mis dix ans à penser n’est pourtant ni gratuit ni frivole. Nourri de symbolisme religieux et ouvert à toutes les interprétations, il n’a rien perdu de sa puissance avec ses questions toujours d’actualité: existe-t-il une force supérieure à l’homme qui le rappelle à l’ordre, ou alors l’homme est-il seul responsable des épreuves qui lui tombent dessus?

Aux frontières de l’aube (Kathryn Bigelow, 1987)
Au delà du western vampirique (et de la variation anecdotique sur la contamination), Near dark explore l’ivresse de vivre du côté sombre, mais sans illusion: la nuit a son prix. Citant Peckinpah, Eastwood et Cameron, Kathryn Bigelow réussit un exercice de style puissamment addictif et rempli de scènes inoubliables. Citons celle où Lance Henricksen et Jeanette Goldstein se consument d’amour littéralement. C’est beau à pleurer. A chaque fois.

Cube (Vincenzo Natali, 1997)
Après s’être retrouvé(e)s, sans raison apparente, prisonnier(e)s dans un lieu bourré de pièges, six personnages décident de mettre en commun leurs compétences pour se libérer, tout en découvrant que leurs obstacles majeurs sont leurs propres préjugés, leur paranoia et leur égoïsme. Un modèle d’écriture économique (et un fantasme de producteur), qui utilise l’unité de lieu pour compenser le manque de moyens. Souvent imité, rarement égalé.

La proie nue (Cornel Wilde, 1966)
Inspirée d’une histoire vraie, mais transposée en Afrique, la course pour la survie d’un homme lâché dans la brousse avec une petite longueur d’avance sur ses poursuivants. C’est une fable sociale sur la revanche des dominés, dont la brutalité est tempérée par quelques pauses bienvenues, comme le lien désintéressé qui se tisse entre le fugitif et une fille, effaçant pour un temps les préjugés de race, d’âge et de sexe. Réalisé et interprété avec une énergie stupéfiante par l’athlétique Cornel Wilde, ancien champion d’escrime, le film est devenu un jalon incontournable, pillé plus ou moins ouvertement par Mel Gibson (Apocalypto) ou Inarritu (The revenant).

Kekexili la patrouille sauvage (Chuan Lu, 2004)
En plein hiver himalayen, des volontaires entreprennent de protéger des antilopes menacées par des braconniers fantomatiques. Maître de la narration visuelle, Lu Chuan n’a pas d’égal pour utiliser les décors naturels afin d’y inscrire ses personnages et les rappeler à leurs justes dimensions. Ici, les vides sont plus importants que les pleins: le fait de ne quasiment jamais voir de gazelles semble confirmer un appauvrissement biologique, mais aussi spirituel.

Marée nocturne (Curtis Harrington, 1961)
Ce film de Curtis Harrington, collaborateur épisodique de Kenneth Anger, fait le lien entre les petits maîtres B des années 50 comme Jacques Tourneur et les futurs indépendants du Nouvel Hollywood, dont Dennis Hopper, qui joue ici le rôle principal d’une sorte de version aquatique de La féline, une sirène remplaçant la femme chat. Economie de moyens, justesse de l’écriture et de l’interprétation, mise en scène suggestive et climat mystérieux donnent au film un pouvoir d’attraction qui invite à le revoir à répétition.

Un jour sans fin (Harold Ramis, 1993)
Ici, la boucle répétitive sert de révélateur pour le personnage principal, qui a besoin de cette crise inexplicable et qui ne touche que lui, pour réfléchir sur lui-même, se rendre compte qu’il s’est enfermé dans une impasse de cynisme et qu’il a besoin de se transformer. Un film théoriquement parfait, universel, écrit pour Bill Murray, et qui n’aurait probablement pas pu fonctionner sans lui.

True Romance (Tony Scott, 1993)
Tant qu’à citer un feelgood movie, autant en choisir un qui vieillit bien. A son époque, True Romance était à la fois nostalgique, totalement contemporain et en avance sur son temps. Aujourd’hui, il est peut-être visuellement et musicalement daté, certains de ses interprètes sont morts, les autres ont vieilli, mais le film est toujours aussi cool à revoir.

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