En ces temps de chaos total, Queen Fred des Anges de la télé-réalité nous sauve. Parce qu’elle le vaut bien.

Loft Story, Secret Story, Koh Lanta, L’île de la tentation, Les Princes de l’amour, Les Anges, Les Marseillais, les Ch’tis, Moundir, Friends Trip, j’en passe et des meilleurs, la télé-réalité nous abreuve constamment de shows différents à la mécanique bien rodée. Dans tous ces programmes, transitent des têtes d’affiches récurrentes dont la principale qualité est d’être comme dirait Xavier Dolan: “filmables“. Sexuellement attirants et (faussement) cons comme des balais, leur présence est ce qui fait qu’on prend plus ou moins plaisir à regarder ces programmes. En effet, comment rester de marbre face aux phrasés marseillais incroyables de Julien Tanti ou Jessica Thivenin? Comment ne pas tomber sous le charme d’Anthony dit “Antho”, petit nounours au cœur tendre et à l’accent prononcé qui fait pleurer les filles et bander (certains) garçons? Comment rester indifférents face au petit Paga et ses techniques de séductions pompeuses, face à l’imposante et burlesque Sarah Fraizou ou encore face à Eddy, la follasse dansante, ennemi juré de Jeremstar le très spécial spécialiste de tout ce microcosme? Tous ont appris à jouer de leur physique autant que de leur personnalité, tous sont comme des acteurs de comédies françaises populaires attendant d’être à nouveau à l’affiche d’un casting premium.

Ce sont les Tuches aux pecs saillants et aux fesses rebondies de la génération Hanouna. Des as d’un divertissement que l’on nous vend comme abrutissant alors qu’il suffit de regarder tout cela avec suffisamment de distance et d’esprit pour en apprécier les conteurs et le contenu. C’est dans ce monde incroyable qu’est né un fantastique bug de la matrice. L’avènement d’un personnage à l’opposé des autres, qui ne joue pas, qui ne fait jamais semblant, qui gueule fort et qui sourit peu. Un miroir déformé renvoyé à la face de tous les petits jeunes éphèbes avec lesquels elle partage l’affiche.
Ce personnage, c’est Fred, égérie du chaos. Fred n’a pas d’accent ou une manière de parler atypique, pas le physique de la cinquantenaire des magazines, et elle s’en fout. Fred aime deux choses: les animaux et le calme. Dotée d’une patience beaucoup moins grande que la moyenne, elle semble, à chaque programme, constamment à l’affût, sachant qu’elle fait partie d’un probable guêpier où une bande de mannequins un poil simplets va chercher à la mettre en pétard. Et comme Fred part en vrille pour une brise trop forte, il n’en faut pas plus qu’une remarque saugrenue ou qu’on lui planque ses affaires pour réveiller les enfers.

Le coup de cœur sincère que suscite cette Tatie Danielle 2.0 au sein du Chaos nous pousse à la suivre avidement hors-émission où elle se fait désormais discrète. Et c’est sur les réseaux qu’elle performe encore plus! Pas de plage paradisiaque dans les stories de Fred, pas de déballage débile de l’intimité ou de l’argent amassé, non. Fred vit dans la campagne, prend soin de ses chiens comme de ses chats et emmerde tout le monde, surtout ses anciens collègues, les grévistes et les braconniers. Même lorsqu’elle manque de se faire tuer par un chasseur un matin entre deux snaps. Cultivant une différence et une authenticité rafraichissantes jusque dans ses placements de produits Nicky qui donnent envie de rire et de danser mais certainement pas de les acheter, tant on sent que l’exercice filmé par son fils l’emmerde profondément. Un joyau brut ni débile ni malaisant mais tout simplement la représentation réaliste d’une femme authentique qu’on a catapulté dans le monde merveilleux de l’entertainement. In Fred we all trust.

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