Connu en France pour la collection Chair de Poule, parangon de la Kid Horror, R.L Stine était jadis considéré comme le Stephen King des cours de récré… Puis, plus tard, des cours de lycées. Si sa série de livres Fear Street n’a pas réellement passé l’Atlantique, elle n’en a pas moins marqué bon nombres d’adolescents ricains. Netflix, toujours à l’affût d’une nouvelle série teen jouant la carte du vintage porn, s’accapare l’univers de Stine pour en livrer une mini-série de trois épisodes: 1994, 1978 et 1666.

Passé l’introduction, qui wink wink sans ménagement celle de Scream, et l’avalanche presque obscène de hits fm, on a déjà envie de tout remballer devant ce Stranger Things du slasher. Et puis soudain, le juke-box la met en veilleuse et l’intrigue décolle tout doucement pour s’éloigner du découpe-ado lambda. Une bande de teen disparates (un couple de lesbiennes fâchées, une pom-pom girl badass, un bouffon freaky et un nerd dodu) se retrouvent face à une malédiction à la peau dure, provoquant la résurrection de tueurs morts-vivants invincibles! Un sort peut-être jeté par Sarah Fierce, une sorcière exécutée lorsque la ville n’était qu’à ses balbutiements…

Ce qui détonne dans le premier opus de Fear Street (ainsi que dans les suivants, avec plus ou moins de succès), c’est le ménage fait autour du trop plein de références (le deuxième segment se déroule dans un camp à la Vendredi 13, on y évoque un peu King et ça s’arrête là), mais aussi la volonté manifeste de livrer un divertissement habité. Les personnages sont attachants et échappent aux archétypes gênants du genre; ce qui fait d’autant plus regretter leur vulnérabilité, ici mise à mal par une écriture parfois extrêmement cruelle! Très graphique, à l’inverse de la vague des neo-slasher, Fear Street n’hésite pas à faire mal (on se souviendra longtemps de l’utilisation de cette trancheuse à pain…) et ne se contente pas de placarder ses protagonistes comme de la simple chair à canon. Bilan quasi identique pour un 1978 plus classique mais bien mené, largement au dessus d’un médiocre American Horror Story: 1984 sur un canevas similaire.

Ça se gâte légèrement pour la dernière partie, segmentée en deux époques: d’abord un retour dans le temps cheap et longuet, plaquant très maladroitement un ton résolument moderne dans un décor à la The Witch, puis un retour en 1994 bien plus musclé, avec quelques petites piques politiques inattendues (le mal s’est immiscé du côté de la justice et de la bourgeoisie, tiens tiens). En termes d’éclate horrifique à l’ancienne, ça fait longtemps qu’on avait pas eu une aussi bonne surprise. Une chose est sûre: Netflix ne s’arrêtera là avec la licence….

La trilogie Fear Street est disponible dans son intégralité depuis le 15 juillet 2021 sur Netflix.

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