Depuis des décennies, Phil Tippett, le concepteur des effets visuels de Robocop et Starship troopers, travaillait pendant ses heures libres à Mad God, un film très personnel réalisé en animation. Pour des raisons variées, le projet a été abandonné à de multiples reprises, à tel point que ceux qui en connaissaient l’existence avaient fini par douter qu’il serait jamais terminé. Finalement le voilà, et le résultat méritait largement le temps que son auteur y a consacré. C’est un film inclassable, d’une liberté totale, dont la conception relève de l’équivalent visuel de l’écriture automatique.

Nourri par une imagination sans limites, chaque plan débouche sur un décor, une atmosphère et des créatures nouvelles. Le voyage commence à la suite d’un scaphandrier chargé de descendre aux tréfonds d’un univers vertigineux peuplé de créatures dominées ou dominantes, plus ou moins monstrueuses. Le but est d’aller déposer une bombe dans un endroit précisément décrit sur une carte, tandis qu’alentour, des créatures sont élevées pour produire des fluides corporels qui sont recueillis, transformés et utilisés pour générer de nouvelles créatures. L’un après l’autre, les scaphandriers échouent, tandis que leur commanditaire, le dernier homme sur terre (incarné par Alex Cox) continue à préparer leurs itinéraires avec un soin maniaque.

Une multitude de références viennent à l’esprit: Le bunker de la dernière rafale de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet, les films surréalistes de Jan Svankmajer pour l’animation image par image, les clips expérimentaux de Chris Cunningham pour l’horreur organique, le Peter Jackson des Feebles pour l’humour scato, 2001: l’odyssée de l’espace pour les séquences psychédéliques. C’est l’hallucination de l’année. G.D.

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