[FANTASIA 2021] “Hellbender”, “King Knight”, “Martyr’s lane”, “All the moons”: fantômes, sorcellerie et vampire

0
696

La sorcellerie est un thème d’actualité parce qu’il symbolise, lorsqu’il est pratiqué par des femmes, une source de pouvoir qui peut paraître plus ou moins menaçante. Dans Hellbender de John Adams, Zelda Adams & Toby Poser, le thème est situé dans un contexte contemporain, sans se dévoiler immédiatement. On y fait connaissance avec une mère et sa fille qui vivent en ermites dans la forêt et jouent de la musique pour elles-mêmes. Lorsque la fille tente d’approcher des voisins, la mère s’inquiète. Petit à petit le film dévoile la véritable nature des protagonistes, avant de déboucher sur ce qui ressemble à un conflit de générations concernant la façon d’utiliser le pouvoir. On peut regretter que ce pouvoir soit représenté de façon un peu lourde, qui contraste avec les intentions plutôt subtiles du film interprété par les membres d’une même famille.

Egalement situé dans un contexte contemporain, King Knight de Richard Bates Jr. se veut une «comédie païenne» qui suit un couple de gourous adeptes de l’occultisme et de tous les moyens d’«ouvrir son esprit». A un moment, le gourou remet en question ses propres convictions et recommence une quête personnelle, le tout sur un ton semi-parodique rempli de caméos (Barbara Crampton ou Ray Wise) et de clins d’œil adressés à un public déjà plus ou moins initié. Il faut préciser que l’auteur, Richard Bates Jr. fait lui-même figure de gourou pour ceux qui ont vu son précédent Suburban Gothic.

Dans Martyr’s lane, Ruth Platt filme les conséquences d’un traumatisme qu’une mère a voulu cacher à sa fille. Cette dernière reçoit chaque soir les visites d’une étrange enfant accoutrée d’une tenue d’ange. A chacune de ses apparitions, elle ajoute des indices dont l’accumulation fait rapidement deviner les intentions du fantôme (car c’en est un), et la nature de son lien avec la jeune héroïne. L’intrigue est tout ce qu’il y a de classique, et la réalisatrice la met en scène avec efficacité, en y ajoutant une sensibilité résolument féminine, et on serait tenté de dire féministe, au vu de la composition de l’équipe, presque intégralement composée de femmes.

All the moons du basque Igor Legarreta est une variation mélancolique sur le thème du vampire, ici incarné par une fille, qui survit au bombardement de son orphelinat au XIXème siècle grâce à l’intervention d’une femme qui, on le comprendra plus tard, la rend immortelle. Mais les convulsions de l’histoire les séparent, et la fille se retrouve seule dans une caverne avant d’être recueillie par un fermier qui s’attache à elle comme à sa fille. Lorsqu’il meurt de vieillesse, elle n’a pas changé physiquement, mais elle commence à se lasser de la répétition des cycles qui alternent l’excitation de la découverte, la douceur de l’amour et la douleur de la séparation. Alors, le film révèle son véritable sujet: l’envie de mort ressentie par des êtres condamnés à l’immortalité. A défaut d’être inédit, c’est la première fois que le thème est développé avec autant de sensibilité et de conviction. G.D.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici